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1 février 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Ruslan Sharipov encore menacé


Dans une lettre adressée le 1er février 2002 à Kadyrov Rachid Hamidovich, procureur général d'Ouzbékistan, et à Kokir Almatov, ministre de l'Intérieur, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre l'agression par les forces de l'ordre de Ruslan Sharipov, correspondant de l'agence de presse russe Prima et président de l'Union des journalistes indépendants de l'Ouzbékistan. "Nous dénonçons une tentative évidente d'intimidation d'un journaliste d'opposition. Nous rappelons que la lutte contre le terrorisme ne justifie en rien la répression brutale à l'encontre de toute information indépendante", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. "Nous vous demandons d'ordonner une enquête sur cette agression et de bien vouloir nous tenir au courant de ces résultats", a ajouté M. Ménard. D'après les informations recueillies par RSF, Ruslan Sharipov, correspondant pour l'agence de presse russe Prima, président de l'Union des journalistes indépendants de l'Ouzbékistan et animateur d'un site Internet, a été attaqué, dans la nuit du 30 janvier, par deux représentants des forces de l'ordre à Tachkent. Les deux officiers des services spéciaux, qui se sont présentés comme des officiers de la police criminelle, ont assailli et traîné le journaliste jusqu'à un véhicule de marque Nexia, immatriculé X8110. Ils l'ont ensuite frappé et immobilisé avant de le pousser à l'intérieur de la voiture. Plusieurs témoins ont assisté à la scène. Un des officiers a demandé : "Tu n'as pas peur d'écrire des articles en Ouzbékistan ?" Après de nombreuses menaces, les officiers l'ont relâché, en s'excusant de l'avoir détenu sans raison et sans mandat légal. Ruslan Sharipov et le comité de rédaction de l'agence de presse Prima estiment que cette attaque est liée à un article récemment écrit par le journaliste au sujet du référendum du 27 janvier sur la prolongation du mandat présidentiel du président Islam Karimov. En 2001, Ruslan Sharipov et des membres de sa famille avaient déjà subi de nombreuses pressions de la part des autorités. Le 12 juillet 2001, il avait été pris en chasse par des employés des services de sécurité (NSS) alors qu'il se rendait à la cour de Tachkent pour couvrir un procès. Ses assaillants étaient sur le point de le frapper quand des passants s'étaient interposés. Le journaliste était parvenu à se réfugier au siège local de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Il avait publié, fin août, une série d'articles dénonçant la répression contre les musulmans du pays et enquêtait par ailleurs sur la mort suspecte d'opposants. Le 31 août, il avait été interpellé par des agents du NSS qui l'accusaient d'être impliqué dans un groupe terroriste. Suite à ces incidents, Ruslan Sharipov avait demandé, dans une lettre ouverte au président ouzbek, que soit mis fin à sa filature par les services de sécurité, que cessent les pressions sur sa famille et qu'il lui soit permis d'exercer son métier de journaliste indépendant.