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4 septembre 2018

RSF s’inquiète de la présence d’officiels chinois à la réunion de rédaction du quotidien hongkongais SCMP

PHOTO ANTHONY WALLACE / AFP
Alors que les médias hongkongais sont victimes de pressions croissantes de la part de Pékin, Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète de la présence de trois officiels chinois à la réunion éditoriale du quotidien South China Morning Post (SCMP) jeudi dernier.

Les journalistes du quotidien hongkongais South China Morning Post (SCMP) ont eu la désagréable surprise, jeudi 30 août, d’apprendre la présence de trois fonctionnaires du ministère chinois des Affaires étrangères à leur réunion éditoriale quotidienne. La «visite» faisait partie d'une tournée d'adieu pour Sun Zhen, le porte-parole du bureau du ministère chinois des Affaires étrangères à Hong Kong, accompagné de son successeur, Lee Hua.


Le SCMP, quotidien anglophone fondé en 1903, est soumis à des interférences croissantes depuis son acquisition par le conglomérat chinois Alibaba en 2016. Le journal a notamment fait scandale en début d’année en se prêtant à une parodie d’interview, mise en scène par Pékin, de l’éditeur suédois Gui Minhai, détenu arbitrairement depuis trois ans par la Chine.


Reporters sans frontières (RSF) rappelle que la conférence de rédaction d’un média, durant laquelle sont discutés les sujets et leurs modes de traitement, est une réunion sensible.


“Dans un contexte d’ingérences croissantes de la part de Pékin, qui font peser une menace sur la liberté de la presse hongkongaise, il est naturel que les journalistes aient perçu la présence de ces officiels comme une forme d’intimidation, commente Cédric Alviani, directeur du bureau de RSF East Asia, qui appelle la direction du quotidien “à faire preuve de vigilance sur tout ce qui pourrait remettre en cause l’indépendance éditoriale de ses journalistes.”


Dans un rapport récent, l'Association des journalistes de Hong Kong (HKJA) dénonçait une nouvelle chute de la liberté de la presse dans l'ancienne colonie britannique. Hong Kong, classée 18ème lors de la création du classement mondial de la liberté de la presse de RSF en 2002, se retrouve cette année au 70ème rang sur 180 pays.