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25 avril 2016

RSF se félicite de l’arrestation de l’un des suspects de l’exécution du journaliste américain Daniel Pearl

​Reporters sans frontières (RSF) salue les efforts des autorités pakistanaises dans la lutte contre l’impunité des crimes contre les journalistes, après l’arrestation par département d’enquête criminelle (CID) de Abdur Rehman, à Karachi le 21 avril 2016.


Suspecté d’avoir participé à l’enlèvement du journaliste américain Daniel Pearl, Abdur Rehman, connu sous le pseudonyme « Sindhi » serait un membre du mouvement al-Qaïda et du Harkat-e-Jihad-e-Islami, aurait conseillé Ahmed Omar Saeed Shaikh, principal responsable de l'enlèvement et de l'assassinat du journaliste, et eu des contacts avec Ousama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri, chef d'al-Qaïda depuis 2011.


« Nous saluons ce qui semble être une avancée considérable dans la lutte contre l’impunité des crimes contre les journalistes au Pakistan et espérons que cette arrestation sera un nouveau pas significatif vers la justice, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. L’exécution de Daniel Pearl en 2002 illustre la folie des groupes terrorises qui font des journalistes étrangers les boucs émissaires de la politique de leurs gouvernements. Aujourd’hui cette folie est probablement la plus grave menace qui pèse sur la liberté d'informer à travers le monde. »


D’après la police, Abdur Rehman pourrait être déferré devant un tribunal d’ici les deux prochains jours. Ce dernier était également recherché par la police fédérale américaine, le FBI. Daniel Pearl, grand reporter pour le Wall Street Journal, enquêtait au Pakistan sur les réseaux islamistes lorsqu’il fut enlevé et assassiné en février 2002.


Au Pakistan, les journalistes continuent d’être la cible préférée des groupes extrémistes, des organisations islamistes et des redoutés services de renseignements pakistanais, tous répertoriés comme prédateurs de la presse par RSF.


Grâce, notamment, à une baisse des assassinats de professionnels des médias en 2015, le pays a vu sa situation s’améliorer dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2016, où il se place au 147ème rang sur 180 pays.