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29 janvier 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

RSF relaie l’appel de l’épouse du journaliste Kenji Goto, menacé d’exécution


Pour la première fois, l’épouse du journaliste Kenji Goto, Rinko Jogo, s’exprime publiquement et appelle les gouvernements jordanien et japonais à oeuvrer à la libération de son mari dans les plus brefs délais.
Reporters sans frontières appelle les autorités japonaises et jordaniennes à prendre toutes les mesures pour éviter que le groupe Etat islamique ne mette à exécution son ultimatum. Le 29 janvier 2015, Rinko Jogo a fait publier un message par l’intermédiaire du Rory Peck Trust, une organisation de défense et d’aide aux journalistes freelance. (voir le message intégral en anglais) “Mon époux et moi avons deux petites filles. Notre bébé n’avait que trois semaines quand Kenji est parti. J'espère que notre aînée, qui n’a que deux ans, pourra revoir son père. Je souhaite qu’elles puissent grandir avec leur père”, écrit Rinko Jogo. Mon époux est un homme bon et honnête qui s’est rendu en Syrie pour montrer la détresse de ceux qui souffrent. Je crois que Kenji a également essayé de se renseigner sur la situation d’Haruna Yukawa. J’ai été extrêmement attristée par sa mort et mes pensées vont à sa famille. Je ne sais que trop bien ce qu’ils endurent.” Rinko Jogo fait également état d’un message qu’elle a reçu le 28 janvier de la part de l’Etat islamique: “Vous devez publier et montrer ce message aux médias du monde maintenant. Sinon Kenji sera le prochain” lui a écrit le groupe terroriste en introduction d’un nouvel ultimatum adressé aux gouvernements jordanien et japonais qui collaborent dans cette crise. “Je crains que ce soit la dernière chance pour mon époux et nous n’avons désormais que quelques heures pour obtenir sa libération et sauver la vie du lieutenant Mu'ath al-Kaseasbeh. Je prie le gouvernement jordanien et japonais de comprendre que les destins de ces deux hommes sont entre leurs mains”, ajoute-elle avant de remercier les efforts du Japon et de la Jordanie et de tous ceux qui l’ont soutenue. Reporters sans frontières réitère son appel aux gouvernements afin qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour libérer Kenji Goto. La Syrie est le pays le plus meurtrier pour les professionnels des médias et les journalistes citoyens qui travaillent afin que le pays ne devienne pas un trou noir de l’information. La Syrie figure au 177ème rang sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse, établi en 2014 par Reporters sans frontières.