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18 septembre 2019 - Mis à jour le 4 octobre 2019

RSF permet désormais d’apporter sa contribution en ligne à la Journalism Trust Initiative via un outil interactif

La consultation publique sur la Journalism Trust Initiative (JTI) vient d’être facilitée ce jour, grâce à la mise en ligne d’un outil digital dédié.

En cliquant sur jti-rsf.org, chacun sera en mesure de proposer des commentaires à propos des indicateurs du projet. En parallèle,les médias pourront tester et évaluer leur niveau de conformité, grâce à un questionnaire en ligne.

Le grand public et les communautés professionnelles sont invités à exprimer leur opinion sur la Journalism Trust Initiative (JTI) lancée par Reporters sans frontières (RSF) et ses partenaires. A compter de ce mercredi 18 septembre, un outil digital dédié permet aux volontaires de donner leur avis et de soumettre leurs propositions sur les ébauches de standards. L’ensemble des données qui en résultera est destiné à apporter les éléments nécessaires à la prise de décision en matière de distribution et de consommation de l’information, à la fois humaine et algorithmique, mais aussi en matière de dépenses publicitaires et, ainsi, récompenser un journalisme digne de ce nom – une logique qui, jusqu’à présent, ne bénéficiait d’aucun outil pour être facilitée. 

Ce dispositif vient en complément d’un formulaire de commentaire d’ores et déjà disponible sur le site du Comité Européen de Normalisation (CEN). A l’issue d’une consultation qui aura duré 3 mois et  selon les directives du CEN, tous les commentaires seront évalués par les comités de rédaction de la JTI avant d’être implémentés à la révision finale de l’Accord d’atelier de travail et à sa publication, prévue à la fin de 2019.

Un processus basé sur le consensus pour définir les standards

Depuis mai 2018, plus de 120 experts représentant des organes de presse internationaux, nationaux et locaux, des associations de consommateurs, des entreprises de technologie, des organismes de réglementation et des ONG collaborent afin d’établir des normes professionnelles dans le cadre de la Journalism Trust Initiative (JTI). 

En juin 2019, les participants ont adopté un document officiel de normalisation définissant les indicateurs d’un journalisme de confiance. Ce document comprend une liste de critères en matière de transparence, de professionnalisme et d’éthique, considérés par les acteurs de la JTI comme étant les pratiques essentielles et d’excellence assurant la fiabilité des organes de presse. Le document fournit également un questionnaire convertissant les clauses de normalisation en une liste de contrôle, déchiffrable automatiquement par un ordinateur, afin d’apporter des éléments sur la distribution algorithmique des informations.  

La consultation publique,une étape décisive

La consultation publique de cette ébauche permet d’assurer une importante collaboration au document qui sera finalement publié, et constitue le volet critique de toute procédure de mise en œuvre d’une normalisation. D’ici le 18 octobre 2019, le grand public et les communautés professionnelles sont invités à exprimer leur opinion et à soumettre leurs propositions spécifiques pour des amendements à chacune des 16 clauses, aux nombreux paragraphes et à la liste de contrôle afférente.

Une publication finalisée début 2020

Après sa publication définitive début 2020, le document de normalisation de la JTI sera accessible pour tous types d’organes de presse pour une autoévaluation et, si nécessaire, pour un audit supplémentaire appelé « évaluation de conformité ». La JTI a été lancée pour fournir un outil sous une forme totalement ouverte et autorégulatrice. La consultation publique vise à élargir le faisceau de participation au JTI et, à terme, à établir sa légitimité.

 


A propos de JTI 

Lancée par Reporters sans frontières (RSF) en partenariat avec l’Union européenne de Radio-télévision (UER), l’Agence France-Presse (AFP) et le Global Editors Network (GEN), l’initiative JTI vise à définir des indicateurs pour un journalisme digne de confiance. Le respect de ces indicateurs devrait donner des bénéfices tangibles à tous les organes de presse et leur fournir ainsi le soutien nécessaire pour garantir un espace d’information global sain et crédible.

Se distinguant des autres projets d’indicateurs de confiance, la JTI se concentre essentiellement sur le processus – ou le niveau de « fabrication » du journalisme – et non sur des contenus à caractère unique. L’objectif est que les organes de presse se conforment à la normalisation en tant qu’entité, par exemple en fournissant une transparence en matière de propriété et de sources de revenus, ainsi que la preuve d’une série de garde-fous professionnels. Pour la première fois, le respect des valeurs du journalisme est récompensé.

  

Parmi les participants à la phase de développement de la JTI, citons, en ordre aléatoire : la BBC, le groupe RTL (Luxembourg), la Gazeta Wyborcza (Pologne), le Tagesspiegel (Allemagne), le groupe Tamedia (Suisse), la Norsk Rikskringkasting (NRK, Norvège), la TT News Agency (Suède), l’Associated Press (Etats-Unis), la Deutsche Presse Agentur (dpa, Allemagne), le World Wide Web Consortium (W3C), Google, Facebook, la City University of New York (CUNY, Etats-Unis), Ethical Journalism Network (EJN), le Conseil de presse suisse, La Société des Journalistes Professionnels  (SPJ, USA), l’Association des journalistes taïwanais, l’Association des journalistes de Corée du Sud, The Independent Monitor for the Press (IMPRESS, Royaume-Uni), All-Russia State Television and Radio Broadcasting Company (VGTRK, Russia), l’Autorità per le Garanzie nelle Comunicazioni (AGCOM, Italie), le Commissaire pour la culture et les médias du gouvernement (BKM, Allemagne), l’European Association for the Co-ordination of Consumer Representation in Standardisation (ANEC), Internews (Royaume-Uni), la Thomson Foundation (Royaume-Uni), Free Press Unlimited (FPU, Pays-Bas), la Fondation Hirondelle (Suisse), Civil (Etats-Unis), le NewsGuard, le Global Disinformation Index (GDI), l’United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO).

 

Ce projet a reçu le soutien de la fondation Craig Newmark.