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14 février 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

RSF inquiète de l’état de santé des prisonniers d’opinion en grève de la faim


Lire en arabe (بالعربية) Au moins 17 détenus de la prison centrale de Samayel à Mascate, capitale du sultanat d’Oman, ont entamé, le 9 février 2013, une grève de la faim. Ils ont été depuis rejoints par d’autres détenus grévistes. A ce jour, vingt-trois personnes, qui se considèrent toutes comme des prisonniers d’opinion, refusent de s’alimenter, d’après l’Observatoire des droits de l’homme à Oman. Six d’entre eux, dans un état de santé critique, ont été transférés, le 13 février, dans différents hôpitaux de la capitale. Condamnés à des peines allant de six à dix-huit mois de prison, les grévistes dénoncent leur incarcération et notamment le retard pris par la cour suprême dans l’examen des recours qu’ils ont introduits, a expliqué Maître Yaqoob Al-Harith, avocat de sept des 17 premiers grévistes. Parmi eux, de nombreux militants, activistes, défenseurs de la liberté d’expression, acteurs de la société civile, accusés de cyber-criminalité, de violation du code de régulation des communications, d’insulte à l’égard du sultan Qabous sur les réseaux sociaux, et de rassemblement illégal. Sans pour autant soutenir le recours à la grève de la faim, Reporters sans frontières exprime sa vive inquiétude pour l’état de santé des détenus actuellement en grève de la faim, notamment ceux transférés à l’hôpital. L’organisation réitère une nouvelle fois son appel en faveur de la libération immédiate de l’ensemble des individus arrêtés pour ‘crime de lèse-majesté’ et ‘cyber-criminalité’ et de l’abandon des charges qui pèsent à leur encontre. La communauté internationale doit faire pression sur le Sultanat afin que cesse ce musellement de la société civile. Le 13 février, les familles des détenus ainsi que d’importantes figures locales et nationales ont interpellé les autorités omanaises, ainsi que l’opinion nationale et internationale, pour demander la libération de l’ensemble des détenus. Plusieurs familles des détenus avaient adressé, le 10 février, un courrier à la Commission nationale des droits de l’homme afin qu’elle intervienne pour faire cesser les mauvais traitements. La cour d’appel de Mascate avait confirmé, le 16 janvier dernier, les condamnations prononcées en première instance à l’encontre de huit écrivains et blogueurs. Les autorités de la prison avaient immédiatement réagi au déclenchement de la grève en fouillant les cellules des prisonniers et en transférant le célèbre écrivain Saeed Al-Hachimi, accusé d’être à l’origine de ce mouvement, dans une prison de haute sécurité. Il fait partie des six détenus transférés à l'hôpital du fait de son état de santé critique.