Actualités

31 janvier 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

RSF exhorte le Parlement à demander la libération des journalistes emprisonnés


A l'occasion de la réouverture du Parlement, Reporters sans frontières (RSF) a appelé les députés de l'Assemblée nationale érythréenne à demander la libération immédiate de tous les journalistes détenus dans le pays. "Les parlementaires ont la possibilité aujourd'hui de montrer leur bonne volonté et leur engagement en faveur de la liberté de la presse. Ils doivent être fermes vis-à-vis du pouvoir exécutif et demander ces libérations", a rappelé Robert Ménard, le secrétaire général de RSF. "Nous vous rappelons que l'Erythrée est le seul pays du continent africain où ne paraît aucune publication privée", a-t-il ajouté. Le 29 janvier 2002, l'Assemblée nationale erythréenne a ouvert sa première session depuis septembre 2000. Les parlementaires ont prévu d'aborder la question des dissidents politiques emprisonnés dans le pays ainsi que la situation de la presse privée. RSF a rappelé que, le 18 septembre 2001, les journaux privés avaient annoncé qu'ils publiaient leur dernière édition, jusqu'à nouvel ordre, en raison d'une décision gouvernementale. Le directeur de la télévision publique avait alors expliqué à l'antenne que "les médias privés ont eu le temps de corriger leurs erreurs. Ils mettaient en péril l'unité du pays". Depuis cette date, aucun journal privé n'est paru. Dans le même temps, au moins huit journalistes avaient été interpellés et conduits au poste de police n°1 d'Asmara. Il s'agit de Yusuf Mohamed Ali, rédacteur en chef de Tsigenay, déjà incarcéré plusieurs semaines en octobre 2000, Mattewos Habteab, rédacteur en chef de Meqaleh, déjà arrêté à plusieurs reprises en 2000 et en 2001, Medhanie Haile et Temesgen Gebreyesus, respectivement rédacteur en chef adjoint et membre du conseil d'administration de Keste Debena, Emanuel Asrat, rédacteur en chef de Zemen, Dawit Isaac et Tsehaye Yohannes, du journal Setit, et un photographe indépendant, Seyoum Fsehaye. Par ailleurs, on est toujours sans nouvelles de cinq autres journalistes : Selamyinghes Beyene, reporter de Meqaleh, Simret Seyoum, directeur de Setit, Aaron Berhane, rédacteur en chef de Setit, Said Abdulkader, rédacteur en chef d'Admas, Ghebrehiwet Keleta, journaliste de Tsigenay. Ces professionnels de la presse sont soit détenus au secret, soit réfugiés dans la clandestinité pour échapper à leur interpellation.