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29 mai 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

RSF dénonce les menaces de mort à l’encontre du journaliste macédonien Branko Trickovski


Reporters sans frontières (RSF) condamne avec la plus grande fermeté les intimidations dont fait l’objet le journaliste macédonien Branko Trickovski et demande aux autorités d’assurer sa protection. Branko Trickovski, ancien rédacteur en chef des journaux Utrinski Vesnik et Globus et actuellement chroniqueur pour le quotidien d’opposition Sloboden Pecat, a reçu des menaces de mort et sa voiture a été incendiée le 13 mai dernier. Cette attaque fait suite aux propos que le journaliste a tenus sur sa page Facebook sur les évènements de Kumanovo qui ont fait 22 morts dont huit policiers au début du mois de mai. “Reporters sans frontières condamne l’attaque subie par Branko Trickovski. Si ses propos ont pu choquer, ils ne justifient en aucun cas les menaces de mort qu’il a reçues, ni l’acte de vandalisme dont il a été victime. Si d’aucuns jugent ses propos diffamatoires, nous tenons à rappeler que les procédures judiciaires sont les seules qui puissent leur faire obtenir réparation. Nous demandons aux autorités de mener une enquête approfondie pour arrêter les auteurs de cette attaque et d’assurer la protection du journaliste et de sa famille." “C'est une énième attaque contre les journalistes, déclare Xhabir Memedi Deralie, directeur de l'organisation macédonienne de défense des droits de l’homme Civil. Nous condamnons cet acte de lâcheté et tenons à apporter notre soutien sans failles à notre collègue Branko Trickovski.” Cette attaque intervient dans un contexte de fortes tensions politiques entre le parti du Premier ministre Nikola Gruevski et l'opposition. De violentes manifestations ont opposé les deux camps ces derniers jours dans la capitale Skopje. Ces tensions remontent à février, lorsqu’un scandale d’écoutes illégales impliquant le gouvernement avait été révélé par le principal représentant de l'opposition Zoran Zaev. Ces enregistrements, qui auraient visé plusieurs milliers de personnes, auraient mis en lumière des pressions exercées par les autorités sur des journalistes et des magistrats notamment. Depuis cinq ans, la liberté de l’information recule en Macédoine. Ces derniers jours, des journalistes étrangers, venus couvrir les manifestations, ont été arrêtés à Kumanovo pendant plusieurs heures avant d’être relâchés. Quant aux médias indépendants macédoniens, ils sont de plus en plus rares, affaiblis par des fermetures administratives ou des amendes judiciaires exorbitantes. Le pays est 117e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 publié par Reporters sans frontières, ce qui en fait le dernier pays de la zone Union européenne et Balkans en matière de liberté de l’information.