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21 février 2016 - Mis à jour le 28 avril 2016

RSF demande la relaxe d’un journaliste algérien accusé de blasphème


Condamné pour “blasphème” en première instance suite à la plainte déposée par le journal Al Djoumhouria auquel il collaborait, le journaliste Mohamed Chergui devra comparaître devant la Cour d’appel d’Oran ce 22 février 2016. Reporters sans frontières (RSF) appelle à la relaxe en appel du journaliste.

Condamné pour blasphème suite à la publication de l’article d’un chercheur européen sur le Coran, Mohamed Chergui comparaît ce lundi en appel et demande l’annulation du jugement du 27 novembre dernier. La sentence, une année de prison avec sursis et 200 000 dinars d’amende, avait été prononcée par le Tribunal de première instance d’Oran après qu’un premier jugement eut été rendu en l’absence du journaliste en février 2015. RSF avait dénoncé la tenue de ce procès. “La condamnation d’un journaliste à une peine de prison ne peut pas être décemment envisagée, déplore Yasmine Kacha, responsable du bureau Afrique du Nord de RSF. La notion de blasphème ne saurait constituer une exception à la liberté d’expression en général, et à la liberté d’informer en particulier. Nous appelons donc les juges de la Cour d’appel à innocenter Chergui .”Selon le Pacte relatif aux droits civils et politiques, les lois sur le blasphème sont prohibées sauf si elles constituent “une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence”, ce qui n’est aucunement le cas dans cette affaire. En outre, les nouvelles dispositions constitutionnelles algérienne votées le 7 février 2016 prévoient explicitement l’annulation de toute peine privative de liberté à l’encontre des journalistes.L’Algérie figure à la 119 ème place du Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.