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23 octobre 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

RSF demande la libération immédiate du journaliste macédonien Tomislav Kezharovski


Reporters sans frontières, n-ost et Civil-Center for Freedom demandent la libération immédiate du journaliste macédonien Tomislav Kezharovski, condamné en octobre 2013 à quatre ans et demi de prison pour avoir révélé l'identité d'un témoin protégé. Bien que Kezharovski soit sorti de prison l’année dernière après avoir été emprisonné plusieurs mois pour des prétextes fallacieux, il est aujourd’hui toujours assigné à domicile. Son jugement en appel aura lieu vendredi 26 octobre 2014 et pourrait déboucher sur un nouvel emprisonnement du journaliste. “Nous appelons à la libération immédiate de Kezharovski et demandons que les autorités abandonnent les charges qui pèsent contre lui. Kezharovski a commis une seule erreur : il a osé critiquer les autorités macédoniennes. Mais nous ne considérons pas cela comme une faute. Au contraire, Kezharovski a été nomimé pour le prix Reporters sans frontières 2014 pour son travail courageux, déclare Christian Mihr, directeur de la section allemande de Reporters sans frontières (ROG). La protection d’un journaliste d’investigation doit être une condition obligatoire à la future accession de la Macédoine à l’Union européenne”, poursuit Christian Mihr, qui s’est rendu à Skopje en fin de semaine dernière. Xhabir Deralla, le directeur du Civil-Center for Freedom en Macédoine souligne que “les journalistes en Macédoine ont besoin de sécurité et qu’iil est nécessaire de mettre en place des lois pour les protéger et protéger leur travail, sans qu’en soient entravées leurs actions.” En 2008, Kezharovski a écrit un article dans le magazine Reporter 92 dans lequel il faisait référence à un document interne de la police qui lui avait été divulgué. Cinq ans plus tard, en mai 2013, il est arrêté et détenu. Les autorités justifiaient cette arrestation par le fait que Kezharovski aurait révélé dans son article de 2008 l’identité d’un témoin protégé. Cependant, à l’époque où le journaliste écrivait l’article, le témoin n’était pas encore considéré comme un témoin protégé. Ce dernier admettra d’ailleurs en 2013 avoir subi des pressions de la police pendant son témoignage. Kezharovski lui-même est convaincu que la police le détient car elle veut savoir l’identité de la source qui lui a fourni des informations sur l’affaire d’Orense. Dans un rapport intermédiaire, l’Union européenne pointe les manquements de la Macédoine et notamment le fait que les institutions étatiques choisissent les médias où elles diffusent la publicité officielle. Le rapport pointe aussi le détournement des lois sur la diffamation. Ces dernières années, la situation de la presse en Macédoine s’est sérieusement détériorée. Entre 2009 et 2014, la Macédoine est passée de la 34e place à la 123e place du classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières.