Actualités

14 février 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

RSF demande la libération d’un acteur de l’information yéménite de renom


Reporters sans frontières condamne l’arrestation, le 1er février 2014, de Feras Shamsan, blogueur et défenseur des droits de l’homme yéménite de renom, et son maintien en détention depuis. Feras Shamsan a été arrêté par les forces de sécurité alors qu’il couvrait le Salon international du livre au Caire. D’après les informations recueillies par Reporters sans frontières, il réalisait une interview de l’une des participantes au salon lorsque celle-ci a été apostrophée par une passante suite à ses commentaires sur la situation politique du pays. Les agents de sécurité, intervenus pour mettre fin à l’altercation, ont alors interpellé le blogueur. Feras Shamsan est officiellement accusé d’avoir “diffusé de fausses informations et des rumeurs perturbant l’ordre et la sécurité publics”. Le 4 février dernier, le procureur a prolongé de quinze jours sa détention “pour les besoins de l’enquête”. Le blogueur a fait appel de cette décision, mais deux jours plus tard, la seconde Cour d’appel de Nasr City (le Caire) a confirmé son maintien en détention jusqu’au 19 février prochain. Feras Shamsan est un blogueur et un défenseur des droits de l’homme connu pour avoir documenté au Yémen les violations des droits de l’homme depuis le soulèvement populaire de 2011 . “Les autorités égyptiennes doivent cesser d’arrêter et de détenir des acteurs de l’information sous des prétextes fallacieux. Il leur incombe de respecter les principes garantis par la nouvelle constitution, notamment l’article 71 qui interdit l’application de peines privatives de liberté dans les affaires de presse. La liberté d’information étant la pierre angulaire de tout Etat démocratique, nous exhortons le pouvoir en place à libérer tous les acteurs de l’information actuellement détenus et à abandonner toutes les poursuites entamées à leur encontre,” déclare Reporters sans frontières. Depuis la destitution de Mohamed Morsi le 3 juillet dernier, les autorités égyptiennes s’acharnent sur les médias et les journalistes considérés comme leur étant hostiles. Arrestations, détentions, poursuites judiciaires sous des prétextes fallacieux, elles ne reculent devant rien pour museler les voix perçues comme dissidentes. L’Egypte occupe la 159ème place sur 180 pays dans le classement 2014 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.