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16 février 2016 - Mis à jour le 8 mars 2016

RSF demande la libération des quatre journalistes américains détenus au Bahrein


Reporters sans frontières (RSF) dénonce l’arrestation arbitraire de quatre journalistes américains au Bahrein le 14 février dernier. L’équipe était venue couvrir le 5e anniversaire des soulèvements dans le pays.

RSF est soulagée d’apprendre la libération des quatre journalistes américains détenus depuis le dimanche 14 février au Bahrain.

Après un interrogatoire, mené le 16 février durant la matinée, le ministère public a annoncé dans un communiqué la libération conditionnelle des journalistes, en attente des résultats de l’enquête. Ils sont officiellement accusés d’avoir participé à un rassemblement illégal en vue de causer des troubles à l’ordre public. Les journalistes, n’étant pas soumis à une interdiction de voyager, peuvent toutefois quitter le territoire bahreini.
Pour rappel, il est commun pour les autorités d’accuser des journalistes (locaux ou étrangers) de participation à des rassemblements illégaux et d’agression des forces de l’ordre afin de censurer leur travail.

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Anna Therese Day, journaliste freelance, a été arrêtée le dimanche 14 février avec trois autres collègues alors qu’ils étaient venus couvrir le cinquième anniversaire des soulèvements populaires bahreinis, à Sitra, au sud de Manama. Les reporters sont accusés de travailler sans autorisation. L’un d’entre eux, interpellé au milieu de la manifestation, est en outre poursuivi pour actions illégales envers les forces de l’ordre.

RSF demande aux autorités de relâcher immédiatement et sans conditions les quatre journalistes détenus” déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient. “Depuis les manifestations de février 2011, il est difficile pour les journalistes étrangers d’obtenir des visas de travail à l’approche de l’anniversaire du soulèvement. Les autorités espèrent contrôler la situation en réduisant autant que possible le nombre de témoins gênants des mouvements de contestations”.

Les journalistes, qui seraient entrés dans le pays le 11 et le 12 février dernier, étaient encore interrogés par le parquet le 16 février au matin.

Pour rappel, 14 journalistes, professionnels ou non, sont toujours emprisonnés au Bahrein. Le pays figure à la 163e place (sur 180) du Classement 2015 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.