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25 février 2016 - Mis à jour le 8 mars 2016

RSF demande à la FIFA de ne pas porter un ennemi de la liberté de la presse à sa présidence


A l’occasion de l’élection du prochain président de la Fédération Internationale de Football prévue le 26 février, Reporters sans frontières (RSF) demande aux votants de ne pas accorder leurs voix au Bahreini Salman Bin Ibrahim Al Khalifa, proche du régime connu pour ses attaques répétées à l’encontre des journalistes.

Cinq candidats peuvent encore prétendre à succéder au Suisse Sepp Blatter à la tête de la FIFA. Parmi eux figure en bonne place le Cheikh Salman, membre de la famille royale du Bahreïn et président de la Confédération asiatique (AFC) depuis 2013. Un homme qui a également joué un rôle dans la répression des soulèvements démocratiques dans son pays en 2011.

Il est inacceptable que le Cheikh Salman devienne le plus haut représentant du football mondial” a déclaré Christian Mihr, directeur exécutif du bureau de l’organisation à Berlin. “En tant que membre de la famille royale, le Cheikh Salman incarne un régime qui a réprimé les journalistes et les blogueurs critiques du royaume pendant des années. Sa candidature est une tentative évidente du Bahrein d’exploiter le domaine sportif afin d’enjoliver l’image du pays à l’international”.

Depuis le début des manifestations en février 2011, le Bahrein continue de réprimer les journalistes. Ces derniers sont régulièrement victimes d’accusations fallacieuses, et condamnés parfois à de très longues peines de prison pour avoir simplement couvert des manifestations ou avoir enquêté sur des scandales. Lors de la première vague de répression en 2011, le Cheikh Salman,alors président de la Fédération de football de Bahreïn, aurait siégé à la tête d’une commission mise en place par le Comité olympique bahreini en avril 2011 chargée d’identifier les athtlètes sympathisants ou participants des manifestations anti-régime. Beaucoup d’entre eux ont été arrêtés et soumis à de mauvais traitements. Certains sont toujours persécutés.

Au moins 14 journalistes, professionnels ou non, demeurent à ce jour emprisonnés au Bahrein, pour avoir exercé leur profession. Les photographes et cameramen constituent les cibles privilégiées des autorités, et sont souvent victimes de pratiques d’intimidation, d’arrestations arbitraires pour leur couverture de manifestations “illégales”.

Pour rappel, quatre journalistes américains, dont Anna Therese Day, ont été arrêtés le 14 février dernier et accusés de travailler sans autorisation. L’un d’entre eux, interpellé au milieu de la manifestation, était en outre poursuivi pour actions illégales envers les forces de l’ordre. Malgré leur libération deux jours plus tard, en attente de résultats de l’enquête, ils demeurent poursuivis pour participation à un rassemblement illégal.

Le royaume du Bahrein est réputé pour ses fines connaissances en matière de surveillance en ligne des journalistes défenseurs des droits de l’homme, avec l’aide de sociétés occidentales telles que FinFisher.

Le pays figure à la 163ème place (sur 180) du Classement 2015 sur la liberté de la presse de l’organisation.