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29 octobre 2015 - Mis à jour le 28 avril 2016

RSF demande au roi d’Arabie saoudite de grâcier Raif Badawi, Prix Sakharov 2015


Alors que Raif Badawi vient de remporter le prix Sakharov 2015 du Parlement européen, Reporters sans frontières (RSF) exhorte une nouvelle fois le roi Salmane à grâcier le blogueur saoudien. L’organisation rappelle que ce dernier a été condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet.

Lauréat du Prix RSF 2014, Raïf Badawi, jeune blogueur saoudien emprisonné depuis juin 2012, vient d’obtenir le prestigieux Prix Sakharov qui récompense les personnes et les organisations qui oeuvrent pour la liberté d’opinion et les droits de l’homme. Depuis plus de trois ans, le jeune homme, père de trois enfants, se trouve derrière les barreaux pour avoir créé un forum de discussions en ligne. Sur la base de la charia, la justice saoudienne l’a condamné à une peine inique et barbare : 10 ans de prison et 1000 coups de fouets. La première séance de flagellation a eu lieu en début d’année. Les suivantes ont été suspendues en raison de l’état de santé du blogueur mais peuvent reprendre à tout moment. En juin dernier, la Cour suprême a confirmé la peine du blogueur, annihilant tout espoir de recours ultérieur.

Depuis des mois, RSF se mobilise pour la libération de Raif Badawi, lauréat du prix RSF 2014 dans la catégorie net-citoyen. Une pétition initiée par l’organisation a déjà recueilli près de 50 000 signatures. Lors d’une initiative conjointe avec ses sections internationales et bureaux à l’étranger, RSF a également écrit à plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, tels que Barak Obama, Francois Hollande et Mariano Rajoy afin qu’ils oeuvrent respectivement à la libération du jeune blogueur.

Le royaume saoudien ne tolère aucun média libre et la répression en ligne n’a fait que s’accroître depuis les printemps arabes en 2011. L’information sur le Web est contrôlée de près par le régime qui n’hésite pas à user des arguments sécuritaires pour emprisonner des net-citoyens, en se référant notamment à la loi particulièrement liberticide sur la cybercriminalité.

L’Arabie saoudite figure à la 164ème place sur 180 du Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF.