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8 novembre 2016

RSF demande au Prince Charles d'aborder la délicate question de la liberté de la presse lors de sa tournée dans le Golfe

Son Altesse royale le Prince de Galles

Clarence House

Londres

SW1A 1BA


Le 8 novembre 2016


Votre Altesse,


Reporters sans frontières, organisation de défense de la liberté de l’information, profite de votre visite au Bahreïn, à Oman et aux Emirats arabes unis, pour vous faire part de ses inquiétudes concernant la liberté de la presse dans ces trois pays. Nous vous prions de bien vouloir saisir l’occasion de votre visite pour aborder avec les autorités ces questions cruciales.


Des trois pays, le Bahreïn connaît la pire situation en matière de liberté de la presse. Le pays est situé à la 162ème place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. Le roi du Bahreïn, Hamed bin Isa Al Khalifa, est listé depuis 1999 comme “prédateur de la liberté de la presse”. Au moins 12 journalistes et journalistes-citoyens sont actuellement emprisonnés au Bahreïn. Le défenseur des droits de l’Homme, Nabeel Rajab, également détenu, encourt 15 ans de prison pour des commentaires qu’il a faits sur Twitter. Le blogueur Abduljalil al-Singace, en prison depuis 2010, purge une peine à perpétuité, accusé d’avoir tenté de renverser le régime. Nazeeha Saeed, correspondante de Radio Monte Carlo Doualiya et France24, a elle été accusée de travailler illégalement pour des médias internationaux.


Dans le Sultanat d’Oman, les services de sécurité ont ciblé systématiquement les journalistes, les défenseurs des droits de l’Homme et les activistes en ligne. Trois journalistes du journal Azamn, Ibrahim Al-Maamari, Youssef Al-Haj et Zaher Al-Abri ont été condamnés à de lourdes peines de prison en première instance au mois de septembre 2016. Ils ont été relâchés sous caution dans l’attente de leur audience d’appel prévue le 17 novembre. Deux des derniers journaux indépendants omanais ont fermé leurs portes récemment: Azamn en août, suivi par Al Balad fin octobre. Oman occupe actuellement le 125ème rang sur 180 au Classement RSF de la liberté de la presse.


Aux Emirats arabes unis, de nombreux journalistes-citoyens et activistes demeurent en prison, dans le cadre notamment du procès des “94 Emiratis” en 2013, au cours duquel 94 prévenus ont été condamnés pour des motifs politiques, accusés d’avoir établi une organisation visant à renverser le gouvernement. Parmi eux, se trouvent les blogueurs Osama Najjar et Waleed Al-Shehhi. Les EAU sont 119ème au Classement RSF de la liberté de la presse.


Nous vous exhortons à saisir cette occasion pour soulever au plus niveau de l’Etat, les cas cités ci-dessus, ainsi que les conditions plus générales qui restreignent le climat de la presse dans ces trois pays. Nous vous remercions, Votre Altesse, de l’attention que vous porterez à notre demande.


Sincèrement,


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Christophe Deloire

Secrétaire général
Reporters sans frontières