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11 juillet 2016

RSF appelle la junte thaïlandaise à abandonner les charges contre le reporter de Prachatai Taweesak Kerdpoka

Prachatai reporter Taweesak Kerdpoka (right) Source:Prachatai
Reporters sans frontières (RSF) demande l’abandon des charges qui pèsent sur le journaliste Taweesak Kerdpoka, arrêté par la police de Ban Pong (centre du pays) le 10 juillet 2016, alors qu’il couvrait les activités de militants du Mouvement Nouvelle Démocratie (NDM).


Le reporter du site d’information indépendant Prachatai et les trois militants qu’il accompagnait ont été placés en détention dans la matinée et interrogés sur des documents trouvés dans le véhicule qui les transportait. Des livrets, publiés par le NDM et critiquant le projet de Constitution, ainsi que des autocollants « Votez non » devaient être distribués en amont du référendum sur la Constitution prévu le 7 août prochain. Selon Prachatai, le journaliste suivait les militants qui se rendaient au commissariat de police afin de couvrir la convocation par la police de 18 activistes accusés d’avoir conduit des rassemblements politiques. Après le paiement d’une caution de 140.000 bahts (environ 3600 euros), Ils ont été remis en liberté le lendemain.


« Il est inacceptable que les autorités locales, qui agissent sous l’autorité de la junte, ne fassent aucune distinction entre des militants politiques et un journaliste qui rend compte de leurs activités, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Comme si la violation des libertés fondamentales de réunion et d’opinion n’était pas suffisante, les autorités ajoutent à leurs crimes la violation de la liberté d’informer et de la liberté de la presse. Quelle sera la prochaine étape ? Arrêter les journalistes qui ont publié sur cette détention arbitraire ? Le gouvernement doit tolérer la couverture par les médias de l’opposition politique, et de ses opinions critiques. »


Les trois militants et le journaliste ont été accusés d’infraction à l’Article 61 (2) du Referendum Act, qui interdit la diffusion d’informations « fausses », « vulgaires », « incitatives » » (NDLR: à voter contre le projet de Constitution) ou « intimidantes » concernant le référendum. S’ils étaient jugés coupables d’une telle infraction, ils pourraient être condamnés à 10 ans d’emprisonnement et une amende de 200.000 bahts (un peu plus de 5000 euros), ainsi qu’une suspension de droits électoraux pendant cinq ans.


Depuis le coup d’Etat militaire de mai 2014, la liberté de la presse est sévèrement réprimée en Thaïlande, classée 136e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2016.


Le 12 novembre 2015, Reporters sans frontières a publié un rapport d’enquête dressant un état des lieux. Intitulé « Thaïlande : coup d’Etat permanent contre la presse», ce rapport appelle notamment les autorités thaïlandaises à mettre un terme au recours à des lois répressives dans le but de museler les médias critiques et indépendants, à la censure du Net et à la surveillance des blogueurs et de tous ceux qui publient des informations “critiques” sur les réseau sociaux.