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5 octobre 2012 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Retrait d’accréditation d’un journaliste de l’AFP : une décision politique


Lire en arabe (بالعربية) Reporters sans frontières condamne la décision du gouvernement marocain, le 4 octobre 2012, de retirer l’accréditation d’un journaliste de l’Agence France-Presse, Omar Brouksy. La raison officiellement invoquée est la “diffusion d’une dépêche anti-professionnelle au sujet des élections législatives partielles à Tanger”. L'accréditation est délivrée par le ministère de Communication. Elle permet aux journalistes professionnels de travailler au Maroc. Dans la dépêche incriminée, le journaliste décrit les différentes forces politiques en compétition pour ces élections. Il évoque notamment les candidats se présentant sous la bannière du Parti Authenticité et Modernité (PAM), fondé par Fouad Ali El Himma, qu’il qualifie de “proche du roi”. Contacté par l’organisation, Omar Brouksy estime “être victime d’un acharnement”. Il ajoute:“Les éléments de contextualisation sont essentiels dans une dépêche pour comprendre ces élections et ce qui s'y joue (...) En rien cette expression ne peut justifier le retrait d’une accréditation”. Pour Reporters sans frontières, cette décision administrative est une décision politique. Il s’agit clairement d’une atteinte à l’exercice indépendant du métier de journaliste. De manière générale, le ministère de la Communication utilise l’attribution ou le retrait de l’accréditation comme une arme contre les professionnels de l’information, pour les contraindre à s’auto-censurer. “Nous demandons aux autorités marocaines de revenir sur cette décision arbitraire”, a conclu Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières. Dans une dépêche publiée ce 5 octobre 2012, le directeur de l’information de l’AFP, Philippe Massonnet a déclaré que le bureau de l’agence à Rabat avait “toute la confiance de la direction de l’agence”.