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1 mars 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Résultats d'enquête contradictoires sur la mort d'Hiroyuki Muramoto


Un peu moins d'un an après la mort du journaliste cameraman de Reuters, Hiroyuki Muramoto , tué par balles dans la nuit du 10 avril 2010, à Bangkok, lors des affrontements entre les « chemises rouges » et l’armée, les résultats de l'enquête qui devaient identifier les coupables sont loin d'être probants et demeurent contradictoires. Le travail et les conclusions rendus par le Département d’investigations spéciales (Department of Special Investigation - DSI) ont été caractérisés par une série de revirements qui empêchent d'établir les faits et les responsables de façon ferme et définitive. Le DSI avait d'abord inculpé l'armée, puis, le 27 février, a lavé cette dernière de tout soupçon, pour revenir une dernière fois sur sa décision. Reporters sans frontières dénonce l'immobilisme du gouvernement, coupable de laisser l'impunité s'installer dans cette affaire, et condamne les résultats biaisés de la commission d'enquête qui se refuse à désigner l'origine des tirs. L'organisation appelle les autorités thaïlandaises à rendre publics, au plus vite, les résultats d'une enquête satisfaisante et indépendante, sur la mort de Hiroyuki Muramoto, ainsi que celle de Fabio Polenghi, photo journaliste italien tué à Bangkok, le mercredi 19 mai pendant l’assaut de l’armée contre les "chemises rouges". La grave crise politique qu'a connue la Thaïlande en avril et mai 2010 s'est soldée par un bilan inquiétant pour la sécurité des journalistes et la liberté de la presse. Il est certain que lors des violents affrontements entre soldats et chemises rouges, les deux camps ont tiré à balles réelles. Il est cependant du devoir des autorités de faire la lumière sur cette affaire. Peu de temps après les événements, Reporters sans frontières avait publié, en juillet 2010, un rapport pour demander une enquête indépendante sur les crimes contre la presse.