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10 janvier 2012 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Reporters sans frontières soutient la formation des journalistes des zones tribales au Pakistan


Pour la deuxième année consécutive, le Pakistan a été le pays le plus meurtrier pour les journalistes en 2011. Dix ont payé leur engagement de leur vie. Parmi eux, trois exerçaient dans les zones tribales situées au nord-ouest du pays, le long de la frontière avec l’Afghanistan. Depuis 2005, onze journalistes originaires de cette partie du pays ont été tués. Reporters sans frontières et son organisation partenaire, la Tribal Union of Journalists (TUJ), basée à Peshawar, ont organisé une formation à la sécurité pour les journalistes locaux. Les reporters en provenance des agences de Khyber, Kurram, Bajaur, Orakzai, Mohmand, et du Waziristan du Nord et du Sud ont été accueillis dans les locaux de la TUJ pour suivre cette formation d’une journée. Six sessions ont été organisées entre le 1er novembre et le 4 décembre 2011, permettant à près de 90 d’entre eux de se former aux règles à suivre en matière de sécurité et aux protocoles à suivre en cas de danger. Les enseignements dispensés par Iqbal Khattak, représentant de Reporters sans frontières au Pakistan et formateur expérimenté, ont également permis aux journalistes de se former aux méthodes de prévention et d’évaluation des risques. La formation abordait également la question du kidnapping et de la réaction à adopter face aux ravisseurs. Les journalistes ont en outre été formés aux techniques de premiers secours. Par ailleurs, une copie du guide pratique du journaliste de Reporters sans frontières en langue ourdoue sera remise à l’ensemble des participants, grâce au soutien de l’UNESCO Islamabad. "Le monde entier a les yeux rivés sur la frontière afghano-pakistanaise et les médias ne veulent pas passer à côté des événements qui s’y déroulent. Ces zones sont extrêmement dangereuses. Les journalistes étrangers ou travaillant dans d’autres provinces du Pakistan ne s’y rendent que très rarement. Les journalistes locaux sont donc les seuls capables d’y couvrir l’actualité. Mais, nombre d’entre eux ne sont néanmoins pas suffisamment formés aux risques auxquels ils sont exposés", confie Iqbal Khattak. Les professionnels des médias sont à la merci des taliban qui tentent de leur imposer par la force une couverture favorable du "djihad". Les autorités et l’armée locales tolèrent mal les informations sur les dérapages de la "guerre contre le terrorisme". Les reporters doivent également composer avec l’insécurité provoquée par les opérations militaires des forces américaines et pakistanaises contre Al-Qaeda. Dans son discours d’ouverture, lu par le représentant de l’organisation le 1er novembre 2011, Jean-François Julliard, secrétaire général de l’organisation, est revenu sur la longue liste des journalistes pakistanais tués dans le cadre de leur activité au cours des derniers mois. Il a affirmé l’importance pour Reporters sans frontières de se tenir aux côtés des journalistes tribaux avant de rappeler que « si cette formation doit leur permettre d’être mieux préparés, il incombe également aux autorités d’œuvrer à la sécurité des journalistes au Pakistan ». Cette action a pu être menée grâce au soutien de l’instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH) de l’Union européenne, dont Reporters sans frontières est bénéficiaire.