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2 novembre 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Reporters sans frontières est profondément choquée par l'incendie criminel dans les locaux de Charlie Hebdo


Reporters sans frontières est profondément choquée par l’incendie criminel qui a ravagé les locaux de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, dans la nuit du 1er au 2 novembre 2011. « Il est extrêmement préoccupant de constater qu’en France, des individus sont prêts à s’en prendre avec une telle violence à un journal qui a fait usage de sa liberté d’expression. Réagir de la sorte ne fait que renforcer la tension et les obscurantismes de toutes sortes », a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de l’organisation. « Sept ans jour pour jour après l’assassinat du réalisateur néerlandais Théo Van Gogh, le 2 novembre 2004, le risque est toujours grand de voir la religion devenir un sujet tabou. Nous sommes très inquiets. Aujourd’hui, Charlie Hebdo incendié pour avoir caricaturé Mahomet ; hier, comme chaque jour depuis le 20 octobre, des intégristes catholiques manifestant devant le Théâtre de la Ville pour perturber un spectacle qu’ils jugent ‘blasphématoire’… Ces actes visent à intimider journalistes et artistes pour les pousser à l’autocensure. Il nous faut redoubler de vigilance. » Dans la nuit du 1er au 2 novembre 2011, un incendie s’est déclaré dans les locaux de Charlie Hebdo, situés dans le 20e arrondissement de Paris. Il serait dû à un cocktail Molotov lancé par des individus non identifiés vers 1h du matin. L’incendie n’a pas fait de victimes. Dans le même temps, le site Internet du journal a été piraté et sa page d’accueil remplacée par une photo de La Mecque surmontée du slogan : « Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah ». La rédaction fait le lien avec le numéro spécial de Charlie Hebdo en date d’aujourd’hui, rebaptisé Charia Hebdo et présentant en Une la caricature d’un Mahomet promettant « cent coups de fouet, si vous n’êtes pas morts de rire ». « Je ne m’attendais absolument pas à une réaction de cette ampleur, a déclaré le directeur de la publication, Charb, à Reporters sans frontières. Charlie Hebdo va bien sûr continuer comme avant. Mais dans l’immédiat, nos locaux sont inutilisables, couverts de suie. Les ordinateurs sont hors d’usage, même si les disques durs semblent sauvés. » Reporters sans frontières a proposé d’héberger temporairement la rédaction de Charlie Hebdo dans ses locaux. (Photo: DR/AFP)