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23 décembre 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Reporters sans frontières déplore le verdict prononcé contre le journaliste Hassan Bourras


Reporters sans frontières déplore le verdict du tribunal de Saida (Sud Ouest) qui a condamné en appel, le 23 décembre 2003, le journaliste Hassan Bourras, correspondant de plusieurs journaux, à verser 100 000 dinars (environ 1 000 euros) de dommages et intérêts et 10 000 dinars (environ 100 euros) d'amende pour diffamation. L'organisation est rassurée de constater que la peine du journaliste a été revue à la baisse en appel, mais cette sanction demeure inacceptable sur le principe. La peine de deux ans de prison ferme initialement prononcée était particulièrement lourde et trahissait une volonté des autorités d'intimider l'ensemble des correspondants locaux. Si la justice algérienne n'a pas confirmé le verdict initial, le montant des dommages et intérêts n'en demeure pas moins très élevé et surtout, injuste. Hassan Bourras avait été condamné, le 6 novembre, par le tribunal d'El-Bayadh (ouest algérien) à deux ans de prison ferme et à une interdiction d'exercer sa profession pendant cinq ans. Il est le correspondant à El-Bayadh de plusieurs quotidiens, dont El-Djazaïri (journal régional d'Oran) et El-Youm (quotidien national), et membre de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme. Hassan Bourras avait été emprisonné entre le 6 novembre et le 2 décembre. Deux articles parus dans El-Djazaïri seraient à l'origine de sa première condamnation, particulièrement sévère. Dans l'un, le journaliste révélait que l'épouse du procureur local avait falsifié un document administratif pour obtenir un emploi. Dans l'autre, il révélait un trafic foncier à El-Bayadh impliquant des notables. Hassan Bourras a en sa possession toutes les preuves sur ces deux affaires, ainsi que des témoignages venant confirmer ces révélations.