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13 septembre 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Reporters sans frontières dénonce le harcèlement dont est victime Daniel Mermet


Reporters sans Frontières dénonce les poursuites lancées contre Daniel Mermet, journaliste et animateur à France-Inter, pour avoir rediffusé une interview de Hans Münch, un médecin qui avait procédé à des expériences scientifiques sur les détenus du camp de concentration d'Auschwitz. La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), l'association Avocats sans Frontières de Me Goldnadel et l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) reprochent au journaliste d'avoir diffusé, en 2001, dans le contexte de la crise au Proche-Orient, des propos de Hans Münch incitant à la haine raciale. Daniel Mermet a comparu le 10 septembre 2002 devant le tribunal correctionnel de Paris pour "provocation à la haine raciale". Le jugement sera rendu le 15 octobre 2002. "Ces associations, qui avaient déjà mis en cause le journaliste pour une série d'émissions sur le Proche-Orient, font un amalgame inacceptable et se trompent de cible", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans Frontières. "Le seul objectif de Daniel Mermet était de mettre en évidence le caractère odieux et raciste de ce personnage mythifié. Ce harcèlement permanent et ces poursuites abusives doivent cesser si l'on veut que les journalistes puissent faire leur métier sans pressions et sans autocensure", a-t-il ajouté. L'interview réalisée par Daniel Mermet en 1998 visait à casser la légende construite autour du docteur Münch, premier assistant du docteur Mengele, acquitté en 1947 par le tribunal de Cracovie qui avait estimé qu'il avait sauvé des Juifs au moment de la libération du camp d'Auschwitz. L'enquête intitulée "Un si gentil nazi" et diffusée dans l'émission "Là-bas si j'y suis" dévoile le vrai visage de Hans Münch, qui tient des propos racistes sur les Tziganes, les traitant de "misérables minables" et concluant que "les envoyer à la chambre à gaz était la seule solution". Reporters sans Frontières rappelle que Daniel Mermet avait lui-même alerté le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) et la Licra suite aux propos odieux tenus par Hans Münch au cours de l'interview. Le travail du journaliste avait permis d'ouvrir un procès contre Hans Münch, auquel Daniel Mermet a participé en tant que témoin des parties civiles. Le médecin avait été relaxé en première instance pour cause de démence sénile. Le 19 septembre 2001, date du procès en appel, Daniel Mermet avait décidé de rediffuser son émission afin de prouver la cohérence et la lucidité des propos de Hans Münch, qui a finalement été condamné. Pour avoir choisi de rediffuser des propos incitant à la haine raciale ce jour-là, dans le contexte très tendu de la crise au Proche-Orient, ses alliés d'hier, à l'exception notable du MRAP, le poursuivent en justice.