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26 avril 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Reporters sans frontières dénonce la condamnation du cyberdissident Vi Duc Hoi à 5 ans de prison ferme


Le militant pro-démocratie Vi Duc Hoi a vu sa peine de huit ans de prison et cinq ans d’assignation à résidence réduite en appel à cinq ans d’emprisonnement et trois ans de résidence surveillée, pour “propagande contre l’Etat”. Reporters sans frontières condamne néanmoins cette décision, qui reste très sévère. “La “faute” de Vi Du Hoi est d’avoir publié sur Internet des articles sur les expropriations, la corruption ou le multipartisme. La réduction de peine qui lui a été accordée en appel n’est que symbolique. Elle ne saurait faire oublier la dureté de la répression qui sévit actuellement dans le milieu de la dissidence et des défenseurs de la liberté d’expression.” a déclaré l’organisation. "Nous rappelons qu’en mars dernier, un autre cyberdissident, Cu Huy Ha Vu, a été condamné à sept ans de prison et trois ans d’assignation à résidence pour le même chef d’inculpation. La multiplication récente des arrestations arbitraires et des condamnations démesurées révèlent, dans le contexte des révolutions du jasmin, la crainte du gouvernement d’une déstabilisation du régime. En criminalisant ainsi la liberté d’expression, le Viêt-Nam conforte sa position comme la deuxième prison du monde pour les net-citoyens.” En 2009, Vi Duc Hoi avait notamment reçu un prix de l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch. L’organisation réitère son appel au gouvernement pour la libération du cyberdissident, ainsi que des 17 autres net-citoyens actuellement emprisonnés dans le pays. -------------------------------------------------------------------------------------------- Un cyberdissident condamné à huit ans de prison pour “propagande contre l’Etat”
27.01.2011
Reporters sans frontières dénonce la condamnation du cyberdissident Vi Duc Hoi, le 26 janvier 2011, par une cour de la province de Lang Son. Le Net-citoyen a écopé d’une peine de huit ans de prison pour propagande contre l’Etat et violation des lois sur la sécurité nationale, sur la base de l’article 88 du code pénal de 1999, suivie de cinq ans d’assignation à résidence. Son avocat, Tran Lam, a annoncé qu’il ferait appel. Reporters sans frontières demande aux autorités d’abandonner les charges contre Vi Duc Hoi et de le libérer sans condition dans les plus bref délais. A l’occasion du congrès du Parti communiste, l’organisation avait appelé le gouvernement à faire preuve de clémence et à libérer les journalistes et cyber-dissidents emprisonnés (lire l'article). “Ignorant les pressions internationales et les demandes des organisations de défense des droits de l’homme, le Viêt-Nam, deuxième prison du monde pour les net-citoyens, ne renonce pas à sa politique de répression et de contrôle de l’information. Le gouvernement poursuit sa tradition de condamnations arbitraires de citoyens, dont le seul crime est d’avoir osé s’exprimer librement. Une étape supplémentaire a été franchie il y a peu, le gouvernement ayant endossé un nouveau décret liberticide (lire l'article) afin d’encadrer les activités des journalistes et des blogueurs”, regrette l’organisation. Vi Duc Hoi s’était enrôlé dans le Parti communiste en 1980 et était rapidement devenu responsable d’un département local de propagande. En 2007, il s’était néanmoins fait radier du parti pour ses appels à la démocratie. Âgé de 54 ans, il avait alors commencé à publier sur Internet des commentaires sur des sujets sensibles dans le pays, comme les expropriations, la corruption ou le multipartisme. Sa maison avait été perquisitionnée le 7 octobre 2010. Arrêté officiellement vingt jours plus tard, il risquait jusqu’à vingt ans de prison. Vi Duc Hoi fait partie du réseau pro-démocratique Bloc 8406. Il avait déjà été arrêté, en avril 2008, pour avoir participer à une manifestation sur le passage de la flamme Olympique à Pékin. Le Viêt-Nam se situe à la 165ème place, sur 178 pays, dans le classement mondial 2010 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Le pays fait partie de la liste des “Ennemis d’Internet” établie par l’organisation.