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3 novembre 2004 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Reporters sans frontières demande la réouverture d'une enquête sur la disparition d'un journaliste


Sept ans après la disparition de Jean-Pascal Couraud, journaliste d'investigation, les déclarations d'un homme lié au Groupe d'intervention de la Polynésie (service d'ordre de la présidence) pourraient être susceptibles de relancer l'enquête. Reporters sans frontières a demandé au procureur de la République, Jean Bianconi, de saisir le juge d'instruction, Jean-Bernard Taliercio, en charge de l'enquête sur la disparition du journaliste. "Malgré l'extrême tension du climat politique actuel et les risques de récupération, il est nécessaire que la justice examine toutes les pistes possibles, afin de clarifier une situation qui nourrit les rumeurs. A ce stade, l'enquête peut être rouverte pour 'survenance de faits nouveaux'", a déclaré Reporters sans frontières. Le 6 octobre 2004, Vetea Guilloux, ancien membre du Groupe d'intervention de Polynésie (GIP), considéré comme un service d'ordre de la présidence polynésienne, a fait des révélations fracassantes au ministre du Logement et pasteur adventiste, Gilles Tefaatau, partisan d'Oscar Temaru. Il a déclaré avoir assisté à l'assassinat de Jean-Pascal Couraud, perpétré par des membres du GIP aux ordres de Gaston Flosse. Cependant, le 14 octobre, Vetea Guilloux a exposé une version différente à la gendarmerie. Dans une confession écrite, il a déclaré avoir simplement entendu, un soir de beuverie, deux membres du GIP se vanter du meurtre. Après une confrontation avec les deux hommes, il a retiré toutes ses accusations. Il a aussitôt été déféré au tribunal correctionnel pour dénonciation calomnieuse. Il a été condamné en comparution immédiate à douze mois de prison avec sursis dont trois mois ferme. Il a fait appel le 25 octobre. Jean-Bernard Taliercio, juge d'instruction en charge de l'enquête sur la disparition de Jean-Pascal Couraud, n'a pas été tenu informé de ces déclarations. Il n'en a appris l'existence qu'après la condamnation de Vetea Guilloux. L'enquête sur la disparition de Jean-Pascal Couraud, qui a été fermée suite à un non-lieu en juin 2002, peut être rouverte à tout moment pour "survenance de faits nouveaux". Jean-Pascal Couraud, journaliste d'investigation, était également un opposant politique à Gaston Flosse. Il avait disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997, après une réunion avec son ami Boris Léontieff, également opposant politique, décédé dans un accident d'avion en 2002. Dans la période précédant sa disparition, les proches de Jean-Pascal Couraud l'avaient vu très déprimé. Son corps n'a pas été retrouvé. Disposant de quelques éléments pouvant conforter la thèse d'un suicide, la famille n'avait jusqu'à présent jamais envisagé d'autres explications à cette disparition.