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25 juillet 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Reporters sans frontières demande la libération du Docteur Pham Hong Son, détenu au secret depuis quatre mois


Alors que la loi oblige les autorités vietnamiennes à se prononcer, le 27 juillet, sur le maintien en détention du Docteur Pham Hong Son, Reporters sans frontières lance un appel solennel au ministre vietnamien de la Sécurité publique, le lieutenant général Le Minh Huong, pour la libération du cyberdissident. "A l'instar de ses proches, notre organisation est très préoccupée par le sort de Pham Hong Son. Nous vous prions de faire preuve de clémence pour ce citoyen vietnamien qui n'a fait qu'exprimer pacifiquement son attachement aux valeurs démocratiques", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. Reporters sans frontières a annoncé être également intervenue auprès des autorités françaises et de la Francophonie en faveur du cyberdissident. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, le ministère de l'Intérieur doit se prononcer, le 27 juillet 2002, sur le maintien en détention de Pham Hong Son, arrêté quatre mois plus tôt, à Hanoï, pour avoir traduit et diffusé sur Internet un article intitulé "Ce qu'est la démocratie", extrait des pages du site de l'ambassade des Etats-Unis au Viêt-nam. Le ministère de l'Intérieur peut solliciter un renouvellement de quatre mois de la détention ou choisir de libérer le cyberdissident. Depuis son arrestation, confirmée officiellement le 8 avril, Pham Hong Son, responsable marketing d'une entreprise pharmaceutique, n'a pu recevoir de visite de son épouse, ni de ses deux fils, ni d'un avocat. Il est détenu au secret. Depuis son arrestation, ses proches sont très angoissés par son sort. Par ailleurs, Reporters sans frontières a demandé à être informée sur les motifs de l'arrestation de Nguyen Vu Binh, ancien journaliste au Tap Chi Cong San (Magazine du Journal Communiste) dont on est sans nouvelles, depuis le 22 juillet 2002. Les autorités semblent lui reprocher d'avoir signé, avec seize autres dissidents, une lettre ouverte aux autorités plaidant pour une réforme du régime et la libération des prisonniers politiques. Il avait été interrogé par la police deux jours avant son arrestation. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Phan Thuy Thanh, a quant à elle affirmé que le journaliste n'avait pas été "formellement arrêté". Nguyen Vu Binh a travaillé pendant dix ans pour Tap Chi Cong San avant d'être renvoyé en janvier 2001 pour avoir essayé de former un parti indépendant. Il écrivait depuis des articles critiques sur la politique du gouvernement, appelant notamment à des réformes politiques. "Si comme nous le craignons, Nguyen Vu Binh est détenu pour ses écrits, nous vous demandons de tout mettre en œuvre pour qu'il soit remis en liberté dans les meilleurs délais", a précisé Robert Ménard. Reporters sans frontières rappelle que les cyberdissidents Le Chi Quang et Tran Khue sont également détenus pour avoir publié sur Internet des articles critiques à l'égard des autorités vietnamiennes. Le Chi Quang, un professeur d'informatique diplômé de la Faculté de droit, a été arrêté, le 21 février 2002, dans un café Internet de Hanoi et emprisonné dans le camp B14 de la province de Ha Dong (nord du pays). Tran Khue a, quant à lui, été placé en résidence surveillée le 10 mars 2002 en vertu de la directive administrative 31/ CP. Cette décision faisait suite à la diffusion sur Internet d'une lettre qu'il avait adressée au président chinois Jiang Zemin, à la veille d'une visite officielle au Viêt-nam.