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27 février 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Reporters sans frontières demande au Commonwealth d'expulser le Zimbabwe


RSF a demandé aux huit ministres des Affaires étrangères du Groupe d'action ministériel du Commonwealth de recommander l'expulsion du Zimbabwe à l'occasion du Sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, du 2 au 5 mars en Australie.
Reporters sans frontières (RSF) a écrit aux huit membres du Groupe d'action ministériel du Commonwealth (CMAG) pour attirer leur attention sur la situation de la liberté de la presse au Zimbabwe, à la veille du Sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, à Coolum, en Australie, du 2 au 5 mars 2002. RSF a demandé aux huit ministres des Affaires étrangères du CMAG (Australie, Bangladesh, Barbade, Botswana, Canada, Grande-Bretagne, Malaysie et Nigeria) de recommander l'expulsion du Zimbabwe à l'occasion du Sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth. RSF a rappelé que le Zimbabwe est aujourd'hui l'un des pays les plus répressifs de tout le continent africain en matière de liberté de la presse. Une trentaine de journalistes ont été interpellés depuis janvier 2001, d'autres ont été menacés ou agressés et plusieurs correspondants de la presse étrangère ont été expulsés du pays. De nombreux reporters étrangers n'ont pas eu de visa pour couvrir l'élection présidentielle des 9 et 10 mars prochain. Robert Mugabe fait partie de la liste des trente-sept prédateurs de la liberté de la presse dans le monde, établie par Reporters sans frontières. Les autorités de Harare s'en prennent impunément aux journalistes locaux et étrangers. Les arrestations et les menaces sont incessantes, et la presse indépendante a de plus en plus de mal à informer l'opinion. Le Zimbabwe ne respecte plus l'idéal de "démocratie" et "d'Etat de droit" prôné par les textes fondateurs du Commonwealth. La déclaration de Millbrook, adoptée en 1995, prévoit des sanctions contre les Etats membres en cas de violations persistantes des droits de l'homme. Selon la nouvelle loi sur l'accès à l'information et la protection de la vie privée, adoptée par le Parlement zimbabwéen le 31 janvier 2002, tous les journalistes devront désormais bénéficier d'une accréditation d'un an renouvelable, accordée par une commission gouvernementale. Les contrevenants pourront être condamnés à une peine de deux ans de prison et à une amende de 100 000 dollars zimbabwéens (environ 2 000 euros). Des journalistes étrangers pourront travailler sur le territoire pour une "durée limitée", uniquement après approbation des ambassades du Zimbabwe dans leurs pays respectifs. Le Président et son gouvernement multiplient les déclarations fracassantes envers la presse indépendante. Le Daily News, seul quotidien privé du pays, est l'objet d'un véritable harcèlement de la part des autorités. Son directeur a été arrêté à plusieurs reprises au cours des dernières années. Le gouvernement et l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (ZANU-PF, parti au pouvoir) ont multiplié les plaintes contre le journal, en exigeant des dommages et intérêts importants pour tenter d'asphyxier économiquement la publication. Au début du mois de février 2002, les bureaux du quotidien à Bulawayo (sud-ouest du pays) ont été victimes d'un attentat.