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1 juin 2006 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Reporters sans frontières condamne la répression policière dont ont été victimes huit journalistes durant les manifestations étudiantes


Reporters sans frontières condamne les violences et les arrestations arbitraires dont ont été victimes huit journalistes, le 30 mai 2006 à Santiago, durant les manifestations étudiantes qui ont secoué le pays ces derniers jours. Tout en se félicitant de la réaction des autorités, l'organisation met en garde contre les sinistres méthodes de certains policiers et carabiniers, héritées de la dictature militaire (1973-1990). “Nous accueillons avec satisfaction le limogeage du chef des forces spéciales de la police après la répression abusive des manifestations étudiantes. Nous nous félicitons également de l'enquête rapidement diligentée sur les violences et les arrestations arbitraires subies par huit journalistes. Ces événements traduisent néanmoins la persistance d'une hostilité envers la presse au sein des forces de l'ordre, toujours marquées par l'héritage de la dictature militaire. Nous espérons que le gouvernement de Michelle Bachelet saura tirer tous les enseignements de ce constat”, a déclaré Reporters sans frontières. Le 30 mai, une vaste manifestation de professeurs, d'étudiants et de lycéens réclamant une réforme du système éducatif, a tourné à l'émeute à proximité du palais présidentiel de La Moneda à Santiago. L'assaut extrêmement brutal des carabiniers et de la police s'est soldé par quelque 730 interpellations, selon l'Agence France-Presse (AFP). Des dizaines de personnes ont été blessées. Parmi ces dernières, les cameramen Marco Cabrera, Gustavo Pavez et Libio Saavedra, qui travaillent respectivement pour les chaînes de télévision Red TV, Canal 13 et Canal 9, ont reçu des coups et des jets de pierre des carabiniers et l'un d'eux a été passé à tabac au sol. Les journalistes portaient en évidence leur brassard de presse, indiquant le nom de leur média. Les photographes du quotidien Diário Financiero, Julio Castro et Fernando Fiedler, ont également été blessés après avoir subi des violences du même type. Les cinq professionnels des médias ont été transportés à l'hôpital, où l'un des responsables de la police de Santiago a recueilli leurs témoignages. Le rédacteur en chef de l'hebdomadaire El Siglo, Julio Oliva et deux de ses collègues, Iván Valdes et Marcos Días ont été arrêtés dans le même secteur et emmenés de force dans un commissariat où ils ont été giflés et insultés. Les carabiniers leur ont signifié, selon Julio Oliva, que leur lien avec le Parti communiste chilien (PCC) était une raison suffisante pour les détenir. L'hebdomadaire venait de publier en ligne un articles sur les possibles infiltrations de carabiniers en civil au sein des manifestations. Indignée par ces événements, la présidente Michelle Bachelet a obtenu, le 31 mai, le limogeage du colonel Osvaldo Jara, chef des forces spéciales de la police. Le sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Felipe Harboe, a annoncé le même jour une enquête sur les agressions des journalistes.