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24 novembre 2008 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Recrudescence inquiétante des agressions contre les journalistes à Rome


Reporters sans frontières exprime sa forte inquiétude face à la vague d'agressions visant, depuis le début de novembre 2008, les journalistes italiens travaillant à Rome, dans ce qui semble être une nouvelle campagne d'intimidations de mouvements d'extrême droite. "Il est urgent d'attirer l'attention des autorités italiennes sur les enquêtes ouvertes après ces agressions, afin de déterminer les origines et les responsables des attaques contre la presse. Les mafias italiennes font déjà peser des pressions inacceptables sur ceux qui dénoncent leurs agissements. L'Italie ne peut se permettre de laisser des mouvements politiques s'attaquer avec une telle violence à une presse qui fait son travail dans l'intérêt du public", a ajouté l'organisation. Le 23 novembre 2008, une équipe du TG1, le journal télévisé de la chaîne publique RAI 1, effectuait un reportage dans le quartier d'il Trullo, en périphérie de Rome, sur les agressions racistes commises par de jeunes Italiens contre des immigrés. Le reportage faisait suite aux arrestations par la police, le 22 novembre 2008, de cinq jeunes habitants du quartier pour "vols" et "propos racistes". Alors que l'équipe procédait à des interviews, un jeune homme masqué est arrivé sur les lieux en voiture, accompagné d'une femme. L'homme s'en est pris à la journaliste Alessandra Di Tommaso et à son cameraman. La femme les a insultés et a proféré des menaces de mort à l'adresse de la reporter. L'équipe de la RAI a été forcée de quitter les lieux, escortée par les carabiniers. http://www.corriere.it/cronache/08_novembre_23/aggressione_trullo_9fd44e... Le comité de rédaction de la RAI 1 a déclaré : “L'agression violente subie par l'équipe du TG1 est la confirmation du lourd climat qui frappe tous ceux qui essayent d'informer les citoyens. Ceux qui croient à la liberté de la presse ne peuvent plus tolérer de tels épisodes...” Trois jours avant cette agression, à Rome, le véhicule de la directrice de publication du quotidien national L'Unità, Concita De Gregorio, a été vandalisé par des militants se réclamant du mouvement d'extrême droite Forza Nuova. La voiture, qui était garée devant le domicile de la journaliste, a été recouverte d'inscription au spray de peinture noire : "De Gregorio, arrête la haine et les mensonges, signé Forza Nuova". Le 9 novembre 2008, toujours à Rome, la voiture de Santo Della Volpe, journaliste du TG3, le journal télévisé de la RAI 3, a également été vandalisée dans le quartier de Vescovio. Le véhicule, qui était garé devant son domicile, a été recouvert par des dessins obscènes et une grande croix celtique tracée avec de la peinture blanche et orange. L'acte était signé par les initiales “T.S.” utilisées par des groupes néo-fascistes du quartier romain Trieste-Salario. Le journaliste a porté plainte. Enfin, le 3 novembre 2008, l'émission Chi l'ha visto ? de la RAI 3 a diffusé les images des manifestations etudiantes qui ont eu lieu sur la Piazza Navona de Rome. On y voit clairement les visages de certains militants d'extrême droite. Dans la nuit du 4 novembre 2008, vers minuit, une quarantaine de manifestants ont violemment fait irruption dans les locaux de la rédaction de la RAI à via Teulada Roma pour protester contre la diffusion de ces images. La rédaction a également reçu des menaces téléphoniques qu'elle a enregistrées et confiées à la police. La RAI a porté plainte après cette agression et une enquête a été ouverte.