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18 mai 2018

Récit de la répression contre la liberté de l'information en Iran depuis le 1er janvier 2018

18.05.2018 - Procès inéquitable pour treize collaborateurs de Majzooban Nor après trois mois de détention arbitraire

Reporters sans frontières (RSF) condamne fermement l’attitude des autorités iraniennes contre les collaborateurs du site d’information indépendant Majzooban Nor. Près de 90 jours après leur arrestation, ces prisonniers sont toujours privés de leurs droits fondamentaux, en dépit de toutes les règles et lois du pays et du droit international. Les hommes se trouvent actuellement dans la prison de Téhéran et les 3 femmes (Sepideh Moradi, Avisha Jalaledin, Shima Entesari) sont elles dans la sinistre prison Gerchake. Tous sont privés de visites et de soins médicaux.


Arrêtés dans la nuit du 19 au 20 février 2018, Reza Entesari, Kasra Nouri, Mostafa Abdi, Avisha Jalaledin, Saleh Moradi, Sina Entesari, Shima Entesari, amir Nouri, Mohammad Sharifi Moghadam, Mohammad Reza Darvishi, Sepideh Moradi, Abass Dehghan et Poriya Nouri, avaient été brutalement tabassés par les forces de l’ordre et les milices en civil. La majorité d’entre eux souffrent de factures notamment sur les mains et la tête.


Selon les informations recueillies par RSF, ces journalistes et journalistes-citoyens ont été sauvagement torturés par les forces de l’ordre et les agents des renseignements lors d’interrogations musclées au commissariat Shahpour (sud de Téhéran), un des pires endroits pour la torture des prisonniers de droit commun ou encore dans la section sécurité 209 de la prison d’Evin. A la veille du troisième mois de détention arbitraire, les procès de ces journalistes privés de leurs droits les plus élémentaires ont commencé à huis clos devant les tribunaux de la révolution, sans présence de leur avocat. Ils ont été accusés de « complot et réunion contre la sécurité nationale », « désobéissance aux ordres de la police » et « collaboration avec le site Majzooban Nor. »

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28.02.2018 - Deux journalistes Majzooban Nor gravement blessé transférés à la Grande Prison de Téhéran

Reporters sans frontières (RSF) a appris le transfert le 23 février 2018 vers la grande prison de Téhéran des deux journalistes du Majzooban Nor, Reza Entesari et Kasra Nouri, après leur sortie du coma. Ils avaient été arrêtés dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 février 2018, avec plusieurs autres collaborateurs du site d’information, dont Mostafa Abdi, Avisha Jalaledin, Saleh Moradi, Sina Entesari,Shima Entesari, amir Nouri, Mohammad Sharifi Moghadam,Mohammad Reza Darvishi et Sepideh Moradi. Les journalistes avaient été brutalement tabassés par les forces de l’ordre et les milices en civil, comme le montre

la vidéo d’arrestations violentes des derviches Gonabadi, publié par le directeur du site.

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01.02.2018 - Le photographe Soheil Arabi victime de mauvais traitement en prison

Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète de l'état de santé de Soheil Arabi, lauréat du prix RSF 2017 dans la catégorie Journaliste-citoyen, qui vient d’être transféré vers la grande prison de Téhéran ( sud de la capitale iranienne ) et en grève de la faim depuis le 25 janvier 2018. Le photographe a signalé à sa mère qu’il avait été la cible de violence de la part de ses gardiens lors de son transfert: « Treize personnes me sont tombées dessus et m'ont frappé, mais je continu ma grève de la faim.” Soheil Arabi a cessé de s’alimenter pour protester contre la décision des responsables pénitentiaires de transférer deux femmes prisonniers politique dans une prison réservée aux prisonniers de droits communs.


Arrêté fin 2013 à Téhéran, maintenu pendant deux mois à l’isolement, Soheil Arabi avait déjà subi des mauvais traitements dans le but de lui faire avouer son implication dans la mise en place d’un réseau sur Facebook blasphémant l’islam et diffusant des informations critiques du régime. S’en est suivie une longue saga judiciaire, au cours de laquelle il a été successivement condamné à trois ans de prison, 30 coups de fouets et une lourde amende, puis quelques mois plus tard à la peine capitale, peine finalement annulée.

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31.01.2018- L’arrestation de journaliste-citoyens se poursuit

Reporters sans frontières (RSF) a été informé de l’arrestation le 29 janvier 2018 d'Omid Delfani, administrateur de la chaîne Bahar é moghavemat ( Le Printemps de la Résistance) sur Telegram. Ce journaliste-citoyen, proche du courant politique de l'ancien président controversé Mahmoud Ahmadinejad, a été arrêté après que son domicile a été perquisitionné en son absence. Les motifs de son arrestation et le lieu de détention n'ont toujours pas été officiellement notifiés. Il s’agit du deuxième journaliste-citoyen arrêté dans la ville de Khorramabad (sud-ouest du pays).

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24.01.2018 – Libération de deux journalistes

Reporters sans frontières (RSF) a appris le 22 janvier 2018 avec soulagement la libération d'Afarine Chitsaz, journaliste pour le quotidien Iran, qui a finit de purger sa peine. Elle était l’une des victimes de la vague d'arrestations du 2 novembre 2015. Initialement condamnée à 10 ans de prison ferme le 7 mars 2016 pour “activités de propagande contre le régime” et “complot et insultes envers des responsables du régime », sa peine avait ensuite été réduite à deux ans de prison et deux ans d’interdiction d’activité journalistique par la 36ème chambre du Tribunal d’appel de Téhéran.


RSF a également été informé de la libération le 25 décembre 2017, d'Arash Zad rédacteur en chef de Weblogina et du blog http://arashzad.net/, aprés deux ans passé en prison. Le journaliste avait été arrêté à l’aéroport international de Téhéran le 31 juillet 2015 par les agents des renseignements des gardiens de la révolution. Pendant sa détention dans la prison d'Evin, sa famille avait préféré gardé le silence. Le journaliste a annoncé sa libération sur son compte twitter.

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23.01.2018 – Arrestation de journalistes-citoyens utilisant Telegram

Reporters sans frontières (RSF) dénonce l'arrestation de Yousef Hassani Tabar, directeur de la chaîne d'information Seh Noghteh ( Trois points) sur Telegram. Initialement libéré sous caution après avoir été inculpé par le parquet de la ville de Khorramabad (sud-ouest du pays), le journaliste-citoyen a été arrêté trois semaines plus tard par des agents en civil des gardiens de la révolution, puis transféré dans un lieu inconnu. Après s’être mis en grève de la faim, Yousef Hassani Tabar a finalement été transféré à la prison centrale de la ville. La maison de son père et son lieu de travail ont été perquisitionnés le 13 janvier dernier. Des agents en civil ont confisqué l’ensemble des téléphones portables de sa famille et de ses collègues. La chaîne Seh Noghteh a annoncé sa fermeture.


Le 8 janvier 2018, le procureur de la ville de Kerman (sud-est de l’Iran) a par ailleurs annoncé l’arrestation de huit directeurs de chaînes d'informations diffusant sur l’application de messagerie cryptée Telegram. RSF est actuellement en train de vérifier l’ensemble de ces cas.


Depuis le début de la nouvelle vague de protestation, qui a touché plus de 100 villes dans l’ensemble du pays, près de 3 700 personnes ont été arrêtées selon différentes sources, dont plusieurs journalistes citoyens.

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16.01.2018 - Telegram de nouveau accessible en Iran

Les autorités iraniennes ont débloqué l'application Telegram le 13 janvier 2018. La messagerie sécurisée était inaccessible depuis quinze jours, suite au refus de son fondateur Pavel Durov de fermer l’ensemble des chaînes d’opposition alors que le pays se trouvait confronté à une nouvelle vague de contestation. Telegram, très populaire en Iran est suivie par 40 millions d’utilisateurs. L’application a d’ailleurs continué à être utilisée pendant le blocage via des VPN.


Parallèlement, le régime et surtout la radio télévision d’État ont tenté de promouvoir des applications nationales comme Soroush. Cette messagerie “ nationale” qui utilise les codes sources de l'application française Linphone a été approuvée par le Conseil suprême du cyberespace. Cette haute autorité du Net, créée le 7 mars 2012 sur ordre du guide suprême Ali Khamenei, composée de hautes personnalités militaires et politiques est chargée de surveiller Internet.


Le régime a également débloqué d’autres applications comme Instagram ou le logiciel de discussion instantanée Wechat, qui collabore étroitement avec le gouvernement chinois. Facebook et Twitter restent pour leur part inaccessible et internet reste très perturbé en Iran.

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10.01.2018 -Libération de quatre journalistes-citoyens

Reporters sans frontières (RSF) a appris la libération provisoire, le 9 janvier 2018, des journalistes-citoyens Mohammad Sharifi Moghadam, Mohammad Reza Sharifi, Faezeh Abdipour et Kasra Nouri. Arrêtés le 31 décembre 2017, par des agents du ministère des Renseignements puis transférés dans les prison d’Evin et de Rajai Shahr, les collaborateurs du site d'information Majzooban Nor, (proche du mouvement soufiste iranien) ont été libérés sous la pression notamment de leurs familles et de leurs proches qui avaient organisé une sit-in devant la prison d’Evin.

Les familles de centaines de prisonniers, inquiètent pour leur situation, se sont rassemblées devant les différentes prisons du pays, notamment la tristement célèbre prison d'Evin.

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09.01.2018 - Plusieurs journalistes convoqués et menacés dans différentes provinces

Reporters sans frontières (RSF) condamne une nouvelle fois la répression exercée par les autorités iraniennes à l’encontre des journalistes. Dans la capitale, Téhéran et les villes d’Ispahan, Machhad, Kermanshah et Mahabad, plusieurs journalistes et journalistes-citoyens ont été convoqués et interrogés par des agents du ministère des Renseignements. Le directeur du site d’information Mokeryan, Khosro Kurdpour, a été convoqué à deux reprises, le 31 décembre 2017, puis de nouveau huit jours plus tard. Pendant plusieurs heures il a été interrogé sur les informations publiées sur son site concernant les manifestations qui se sont déroulées dans la province Kurdistan (ouest du pays). Les autorités lui ont notifié que les manifestations étaient illégales et qu’il était par conséquent interdit pour les médias de publier des informations sur ce sujet. Khosro Kurdpour a déjà passé quatre ans derrière les barreaux entre novembre 2013 à septembre 2017 pour ses activités journalistiques.


Depuis le 28 décembre 2017, la vague de protestation qui secoue plusieurs villes du pays a fait au moins 25 morts et provoqué l’arrestation de plus de 3 700 personnes, dont plusieurs journalistes-citoyens. Selon plusieurs sources, au moins trois jeunes manifestants arrêtés ont été tués pendant leur détention en Arak, Dezful et la prison d’Evin de Téhéran. Le régime affirme de son côté que ces personnes “se sont suicidées”.

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Récit
de la répression contre la liberté de l'information en Iran depuis
le ( janvier - décembre 2017)


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Récit
de la répression contre la liberté d’information en Iran (
janvier - décembre 2016
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Récit
de la répression contre la liberté d’information en Iran (
janvier - décembre 2015)


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Récit
de la répression contre la liberté d’information en Iran (
janvier - décembre 2014)


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Récit
de la répression contre la liberté d’information en Iran (
janvier - décembre 2013)


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Récit
de la répression contre la liberté de l'information en Iran (
janvier - décembre 2012)


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Récit
de la répression contre la liberté d’information, en Iran
(janvier - décembre 2011
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Récit
des violations de la liberté de la presse en Iran (Juillet-Décembre
2010)


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Récit
des violations de la liberté de la presse en Iran (Janvier- Juillet
2010)


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Récit
des violations de la liberté de la presse en Iran (
juin-
Décembre 2009)