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27 juillet 2007 - Mis à jour le 20 janvier 2016

RCTV risque d'être exclue du réseau câblé le 1er août


Deux mois après le non-renouvellement de sa licence de diffusion hertzienne par le gouvernement d'Hugo Chávez, Radio Caracas Televisión (RCTV) doit reprendre ses programmes à partir du 16 juillet sur des supports payants du câble et du satellite. Reporters sans frontières demande que la chaîne revienne sur les ondes.
Ecartée du réseau hertzien le 27 mai 2007, la chaîne RCTV, devenue RCTV Internacional, a recommencé à diffuser ses programmes via le câble et le satellite, le 16 juillet dernier. Dix jours plus tard, Mario Seijas, président de la Chambre vénézuélienne de télévision par souscription, a fait savoir que RCTV Internacional disposait d'un délai de cinq jours pour s'inscrire au registre de la production nationale audiovisuelle. Les autorités invoquent une disposition de la Conatel (Commission nationale des télécommunications), formulée à partir de la Loi de responsabilité sociale de radio et télévision de 2004. Celle-ci oblige, en théorie, tout média diffusant au Venezuela à se déclarer “producteur audiovisuel national”. A défaut et compte tenu du délai imparti, ont souligné les autorités, les programmes de RCTV Internacional ne seront plus visibles sur le câble à compter du 1er août. RCTV Internacional a réfuté l'argument dans un communiqué, en faisant valoir qu'elle est juridiquement une “chaîne internationale qui produit des programmes destinés à être diffusés au niveau mondial, de même que Telesur, Warner, HBO, Sony, History Channel, Sunchannel, E ! Entertainment Television, A&E Mundo”, entre autres chaînes câblées internationales couvrant le territoire vénézuélien. Actuellement diffusée par le câble et le satellite au Venezuela, à Trinidad et Tobago et dans une partie des Antilles néerlandaises, RCTV Internacional cherche désormais à se développer auprès d'un vaste public hispanophone, en Amérique latine, mais aussi aux Etats-Unis et en Europe. Dans son communiqué, RCTV a également réclamé le même traitement que Telesur concernant la diffusion des “cadenas” présidentielles, un système qui oblige tous les médias publics et privés à retransmettre en même temps les messages à caractère officiel. Chaîne publique, hertzienne et câblée, financée en majorité par le gouvernement vénézuélien, Telesur est, en effet, dispensée de “cadenas” sur le câble. Au lendemain de la réapparition de RCTV sur le câble et le satellite, les autorités de Caracas ont assuré que la loi serait modifiée afin d'étendre le système des “cadenas” aux chaînes câblées et satellite. “En admettant que RCTV doive se déclarer ‘producteur audiovisuel national‘, pourquoi les autorités vénézuéliennes ont-elles attendu dix jours pour le lui notifier, en ne lui laissant qu'un délai de cinq jours pour s'exécuter ? Pourquoi cette question n'a-t-elle pas été soulevée d'emblée ? Enfin et surtout, pourquoi resurgit-elle au moment où RCTV revient à l'écran par le câble et le satellite ? Les autres chaînes internationales du câble n'ont jamais été soumises à cette mesure. La ficelle administrative est un peu grosse pour que l'on ne songe pas à une nouvelle tentative de censure. Le gouvernement vénézuélien s'est toujours défendu d'avoir fermé la chaîne en l'excluant du réseau hertzien. Qu'aura-t-il obtenu d'autre si elle ne figure plus sur la grille du câble ?“, a déclaré Reporters sans frontières. ___________________________________________________________ 19.07.07 - Le gouvernement veut obliger les chaînes du câble et du satellite à retransmettre les “cadenas” présidentielles
Au lendemain de la reprise des programmes de Radio Caracas Televisión (RCTV) sur le câble et le satellite, le 16 juillet 2007, le ministre de l'Information et de la Communication, William Lara a annoncé une prochaine réforme de la loi qui obligerait la télévision payante à retransmettre les “cadenas”. Ce système, prévu par la loi organique des télécommunications de 2000 et la loi de responsabilité sociale des médias audiovisuels de 2004, permet aux pouvoirs publics de réquisitionner tous les médias hertziens au même moment pour diffuser des messages à caractère officiel. Cette procédure est essentiellement utilisée par le président Hugo Chávez lui-même pour prononcer ses discours. Les médias privés sont alors obligés de se connecter sur l'antenne des médias officiels, faute de quoi ils sont mis à l'amende. Dans son annonce faite sur une radio publique, William Lara a souligné que les chaînes payantes devaient également “retransmettre l'hymne national et se connecter aux ‘cadenas‘ du gouvernement, du Conseil national électoral et des pouvoirs publics“. La réforme des lois en vigueur, selon le ministre, devrait être incluse à la loi dite d'habilitation, qui donne au président Hugo Chávez le pouvoir de gouverner par décret, sans passer par le Parlement. De nombreuses chaînes du câble et du satellite, dont RCTV devenue RCTV Internacional depuis son exclusion du réseau hertzien le 27 mai, sont inscrites aux registres du commerce à l'étranger. La raison sociale de RCTV étant désormais localisée aux Etats-Unis, la chaîne a fait savoir qu'elle ne se soumettrait pas au régime des “cadenas”. _______________________________________ 12.07.07 - Exclue du réseau hertzien, RCTV reprend ses programmes sur le câble et le satellite
Reporters sans frontières a appris que la chaîne Radio Caracas Televisión (RCTV), dont la concession n'a pas été renouvelée sur ordre du gouvernement le 27 mai 2007, s'apprête à reprendre ses programmes sur des supports payants, câble et satellite, à partir du 16 juillet. L'organisation réitère sa demande pour que la chaîne puisse, à terme, faire son retour sur les ondes hertziennes. “RCTV avait obtenu, après la date fatidique du 27 mai, la diffusion de l'un de ses programmes d'information sur une autre chaîne hertzienne à l'audience plus limitée, en l'occurrence Globovisión. Sa réapparition sur le câble et le satellite ne lui permettra pas d'atteindre une audience comparable à celle qu'elle pouvait revendiquer du temps où elle émettait sur une fréquence hertzienne. C'est pourquoi, et compte tenu des graves irrégularités constatées lors du non-renouvellement de la licence de RCTV, Reporters sans frontières demande le retour de la chaîne sur les ondes”, a déclaré l'organisation. A compter du 16 juillet prochain dès six heures du matin, RCTV diffusera à nouveau ses émissions sur le canal 103 de Direct TV, un support payant du réseau satellite, ainsi que sur Inter et Net Uno, deux fréquences à péage du câble au Venezuela. La chaîne la plus populaire du pays émettait déjà via le câble et le satellite avant la fin de sa concession, le 27 mai dernier. Toute sa diffusion avait été néanmoins interrompue, la nouvelle chaîne publique Televisora Venezolana Social (Tves), qui lui a succédé sur le canal 2 hertzien, ayant également récupéré son accès au câble et au satellite. De surcroît, l'État avait racheté la compagnie CANTV, principal opérateur vénézuélien de téléphonie et du câble, peu avant la fin de la concession de RCTV. “Depuis le 27 mai, la demande du public pour voir ou revoir nos programmes a fortement augmenté. A l'extérieur du pays, des chaînes comme Televisa, le plus important groupe audiovisuel mexicain, ont même décidé de transmettre certaines de nos émissions d'information, en plus des programmes de jeux et de divertissements que RCTV leur fournissait déjà. Nos journaux et nos reportages sont, bien entendu, visibles sur notre site Internet et régulièrement postés sur des sites tels que YouTube ou Venezuelapress.com par les internautes eux-mêmes”, a expliqué une journaliste de RCTV à Reporters sans frontières. Au mois de juin, RCTV a également passé un accord avec Globovisión qui a accepté de retransmettre chaque soir l'un de ses bulletins d'information. Seule chaîne hertzienne à ce jour à ne pas suivre une ligne éditoriale progouvernementale, Globovisión ne diffuse que dans la région de Caracas et s'est vu refuser une couverture plus large. En passant sur le câble et le satellite, RCTV a pris le nom de RCTV Internacional, dans la perspective de s'élargir à toute l'Amérique latine et à certains États des États-Unis. Pour autant, la chaîne n'en a pas fini avec les contentieux juridiques et financiers qui l'opposent à l'État. Le 25 mai, soit deux jours avant l'expiration de la licence de diffusion, le Tribunal suprême de justice avait ordonné que les équipements de transmission de RCTV soient “mis à disposition” de la nouvelle chaîne publique Tves. La loi organique sur les télécommunications promulguée en 2000 stipule pourtant que les fréquences audiovisuelles relèvent de l'État et que les équipements sont propriété des médias. Le président du groupe RCTV, Marcel Granier, évalue à “140 millions de dollars” le préjudice causé par cette mesure.