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9 avril 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Rathimohan Lokini ne sera pas expulsée


Reporters sans frontières a accueilli avec un grand soulagement la déclaration des autorités émiraties, de ne pas procéder à l’expulsion de l’ancienne journaliste Rathimohan Lokini (Lohini). Le 11 avril 2013, Babar Baloch, porte-parole du Haut commissariat pour les réfugiés à Genève, a déclaré que “le Haut commissariat pour les réfugiés cherche une solution pour ré-installer les 19 réfugiés (sri lankais) dans d’autres pays. Nous coopérons parfaitement avec les Emirats arabes unis, et il n’y a aucune menace que les réfugiés soient renvoyés au Sri Lanka”. Reporters sans frontières continue son action au soutien de Rathimohan Lokini et espère qu'une solution durable pourra rapidement lui être offerte par un Etat tiers. -------------------------------------------------------------------------------------------- 09.04.13 : RSF et JDS exhortent l’UNHCR à empêcher l’expulsion de la journaliste réfugiée Rathimohan Lokini Reporters sans frontières et son organisation partenaire Jounalists for Democracy in Sri Lanka (JDS) sont vivement préoccupés par le sort de Rathimohan Lokini (Lohini), journaliste sri lankaise issue de la communauté tamoule, bénéficiant du statut de réfugié octroyé par les Nations unies et menacée d’expulsion par les autorités des Emirats Arabes Unis, à l’instar de 18 autres réfugiés sri lankais, avant le 11 avril prochain. “En raison des récents développements et de du climat délétère à l’encontre de la presse tamoule au Sri Lanka, nous nous inquiétons fortement des conséquences que pourrait avoir pour sa sécurité physique un retour de Rathimohan Lokini au Sri Lanka. D’autant que, la diffusion de cette information sur la chaîne étatique ITN a averti le gouvernement de Colombo de son possible retour. La journaliste est désormais exposée à de sévères représailles”, ont déclaré Reporters sans frontières et Journalists for Democracy in Sri Lanka. “Nous demandons au Haut Commissariat pour les réfugiés de mettre tout en oeuvre pour empêcher cette expulsion, qui constituerait une violation totale des lois internationales, et du droit à la protection accordé par l’Agence des Nations unies pour les Réfugiés à Rathimohan Lokini”, ont ajouté Reporters sans frontières et Journalists for Democracy in Sri Lanka. Depuis juin 2006, Rathimohan Lokini était présentatrice pour la chaîne télévisée NTT (National Television of Tamil Eelam), qui assurait la couverture médiatique de la guerre civile dans les zones administrées par le LTTE (Liberation Tigers of Tamil Eelam), et diffusait ses programmes localement et internationalement. Dans le cadre de sa profession, la journaliste a présenté des rapports sur les affrontements entre les forces gouvernementales et le LTTE. Sa visibilité l’a exposée à de grands risques de représailles, émanant tant des forces de sécurité que des milices pro-gouvernementales. Aussi, Rathimohan Lokini a démissionné de son poste et quitté la zone rebelle au mois de décembre 2008. Craignant d'être reconnue et de devenir la cible de représailles de la part de l’armée sri lankaise alors que le conflit s’intensifiait, elle a quitté le pays en avril 2009. Entre 2007 et 2009, Reporters sans frontières et son organisation partenaire journalists for Democracy in Sri Lanka, ont dénombré cinq meurtres de journalistes de radio et de télévision exerçant dans les territoires tamouls. L’expulsion planifiée de Rathimonan Lokini intervient dans un contexte d’intensification de la répression dont sont victimes les professionnels des médias qui s’adressent à la population tamoule. Au mois de mars 2013, les services en langue tamoule de la BBC ont souffert de censure répétée. Le 3 avril, les bureaux du quotidien Uthayan, basé à Kilinochchi, ont été sauvagement attaqués par des inconnus, se traduisant par l’hospitalisation de quatre employés. Deux d’entre eux demeurent dans un situation critique, et les agresseurs n’ont toujours pas été arrêtés.