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16 mars 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Raid contre la liberté de l’information à Kinshasa


Journaliste en danger (JED) et Reporters sans frontières exigent la libération immédiate d'Erick Izami, journaliste d’Antenne A, détenu en toute illégalité depuis plus de 24 heures et menés à l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) pour avoir assisté à une conférence de presse animée par des activistes des droits de l’homme. Le journaliste de la chaîne privée congolaise, Eric Izami a été arrêté par l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) le 15 mars 2015 dans l'après midi alors qu'il couvrait le lancement d'un nouveau groupe de la société civile à Kinhasa. Il est depuis toujours détenu dans les cachots de l'ANR, en toute illégalité. Quatre autres journalistes de la presse internationale, Federico Scoppa photographe de l’AFP, une correspondante de la radio-télévision belge RTBF et deux reporters de la BBC ont également été arrêtés en même temps que le journaliste de la chaîne privée congolaise et menés dans les locaux de l'ANR où ils ont été détenus plusieurs heures avant d'être relâchés. Leurs téléphones leur ont été confisqués. Tous couvraient une réunion d’échange organisée par des activistes congolais, sénégalais et burkinabés des droits de l’homme pour le lancement du groupe Filimbi ("Sifflets"), sur le thème de « l’engagement citoyen” et les manifestations pacifiques. "JED et RSF condamnent cette arrestation brutale et l'intrusion des services de renseignement pour empêcher les journalistes de faire leur travail. L’arrestation et la détention de professionnels des médias en plein exercice de leur profession constitue une violation flagrante de la liberté de l’information. Plus encore, empêcher le débat et le dialogue sur les nouveaux modes d'organisation de la société civile revient à un acte de censure intolérable alors que la RDC devrait se préparer le mieux possible aux échéances démocratiques à venir. Cet acte arbitraire d'autoritarisme témoigne de la crispation et la peur des autorités congolaises devant toute possibilité de débat citoyen. JED et RSF demandent instamment aux responsables de l’ANR et aux autorités gouvernementales ayant en charge le secteur de la sécurité et les médias de procéder à la mise en libération immédiate et sans conditions du journaliste Erick Izami et de cesser leurs intimidations à l'encontre de la communauté des médias en RDC." Plusieurs organisateurs du rassemblement ont également été arrêtés. Parmi eux des dizaines de Congolais du nouveau mouvement Filimbi ainsi qu'un représentant du mouvement Balais Citoyen du Burkina Faso, Oscibi Johann, et Fadel Barro, coordonateur du mouvement « Y en a Marre » du Sénégal. Ces deux mouvements avaient participé à metre en oeuvre des transitions politiques dans leurs pays. Interrogé par la BBC au soir des arrestations, Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement a affirmé que les participants arrêtés étaient des " instructeurs militaires qui préparaient une insurrection". Au cours des derniers mois, le gouvernement congolais s'est illustré par la censure et les actes d'intimidations à l'encontre des médias. Pour plus d'information sur ces récentes violations du droit à l'information en République démocratique du Congo, consultez le site de RSF.