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23 novembre 2009 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Radio Progreso : Quand l'armée et la censure s'abattent sur un média


Basée dans la localité d’El Progreso (Nord), la station Radio Progreso a été l’une des premières victimes du coup d’État du 28 juin 2009. Quelques heures seulement après l’expulsion du pays du président élu Manuel Zelaya, vingt-cinq militaires ont fait irruption dans les locaux de Radio Progreso pour empêcher toute diffusion d’information relative au putsch. Reporters sans frontières a choisi de revenir sur cet épisode à la veille des élections générales du 29 novembre, organisées par les autorités de facto et controversées au sein de la population hondurienne comme d’une partie de la communauté internationale. Cette dernière semaine de campagne s’annonce à haut risque pour les médias d’opposition au coup d’État. Esdras Amado López, directeur de Canal 36, a dénoncé, le 20 novembre 2009, une nouvelle suspension frappant sa chaîne de télévision, plusieurs fois censurée et un temps fermée au mois septembre. Les médias favorables au putsch ne sont, quant à eux, pas à l’abri de la colère de la rue, comme en témoigne un récent attentat commis contre la station HRN, le 4 novembre à Tegucigalpa. Radio Progreso a été fondée par les jésuites il y a soixante ans. Dirigée par le père Ismaël Moreno (“Padre Melo”), la station emploie une dizaine de reporters, généralement jeunes, tout en mettant directement à contribution ses auditeurs dans l’élaboration de ses programmes informatifs, éducatifs et musicaux. Très attachée à son indépendance éditoriale, Radio Progreso ne ménageait pas ses critiques envers Manuel Zelaya avant le coup d’État. Les images ici présentées ont été prises ou tournées par la rédaction de Radio Progreso, qu’une mission internationale rassemblant sept organisations de défense de la liberté de la presse a rencontrée au cours de la première semaine de novembre. Etaient présents à cette mission les représentants de : l’Association mondiale des radios communautaires (Amarc), FreeVoice, International Media Support (IMS), Association mondiale des journaux (AMJ), Fédération internationale des journalistes (FIJ), Article 19 et Reporters sans frontières.