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31 juillet 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Quand la flamme entre Pékin et le Comité des Jeux olympiques s’éteindra-t-elle ?


Le 31 juillet 2015, le Comité international olympique (CIO) a confié à la Chine l’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2022. Reporters sans frontières (RSF) s’indigne de cette décision qui montre qu’après Pékin 2008 et Sotchi 2014, l’institution olympique continue de soutenir des régimes bafouant ouvertement les droits de l’homme et la liberté d’information.
Vendredi 31 juillet 2015, la capitale chinoise a été choisie pour organiser les Jeux olympiques d’hiver en 2022. Pékin devient ainsi la première ville à accueillir à la fois des Jeux olympiques d’été (en 2008) et d’hiver, et ce alors même que les autorités poursuivent leur campagne de répression massive à l’encontre des journalistes et des blogueurs. RSF déplore que le Comité olympique soit à ce point déconnecté des réalités des droits de l’homme en Chine. “L’attribution des Jeux à la Chine représente un blanc-seing pour tous les prédateurs de la liberté de l'information, qui peuvent ainsi continuer à bafouer les libertés fondamentales de leurs citoyens sans conséquence aucune sur la scène internationale, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Les Jeux olympiques sont porteurs de valeurs universelles telles que le respect humain et le pacifisme. En attribuant les Jeux à Pékin, où la répression de la liberté de l’information bat son plein, le CIO jette ces valeurs aux oubliettes.” L’un des arguments clés de la candidature chinoise stipulait que des efforts considérables seraient effectués pour réduire la pollution de l’air à Pékin, RSF regrette que de tels efforts ne soient pas déployés pour réduire la propagande rampante, libérer les journalistes et les blogueurs et développer une presse libre. Quant au maire de Pékin, Wang Anshun, il s’était engagé à organiser des Jeux “joyeux et harmonieux, sûrs et fiables”. Une formule teintée d’ironie lorsque l’on sait que l’harmonisation désigne en Chine la censure et le contrôle de l’information effectués par les autorités. Les Jeux olympiques de Pékin en 2008 ont été une période particulièrement propice aux arrestations, condamnations, censure, surveillance et au harcèlement de plusieurs dizaines de journalistes, blogueurs et dissidents. Pendant que la Chine se réjouit d’avoir remporté le précieux sésame olympique, l’état de santé de la journaliste Gao Yu, emprisonnée depuis le 8 mai 2014, continue de se détériorer. Par ailleurs, les emprisonnements de célèbres figures du journalisme et de militants reconnus des droits de l’homme se poursuivent. Après le cyberdissident Xu Zhiyong et le blogueur ouïghour Ilham Tohti en 2014, les autorités chinoises ont procédé à des arrestations en chaîne de journalistes et activistes travaillant pour le site 64Tianwang, qui ont rejoint la centaine de journalistes et de net-citoyens actuellement emprisonnés dans le pays. La Chine occupe actuellement la 176e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 établi par Reporters sans frontières.