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30 avril 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Pham Chi Dung, héros de l’information, harcelé par la police


Le 30 avril 2015, la police de Ho Chi Minh ville a encerclé le domicile du journaliste indépendant et héros de l’information Pham Chi Dung et l’a brutalement empêché de quitter les lieux. Reporters sans frontières (RSF) relaie l’appel de détresse lancé par Pham Chi Dung et exhorte la police à cesser le harcèlement contre le journaliste et sa famille. Alors que le Parti communiste vietnamien célèbre les 40 ans de la fin de la guerre et sa victoire sur les États-Unis, les voix indépendantes sont minutieusement muselées. Un à un, les blogueurs et citoyens-journalistes ont été placés sous surveillance, intimidés et pour certains passés à tabac. Partout dans le pays, les dispositifs de résidence surveillée sont renforcés et les figures emblématiques de l’information libre au Vietnam sont empêchées de couvrir les commémorations ou les manifestations qui sont organisées par la population. Dans un courrier qu’il adresse à Le Thanh Hai et Nguyen Chi Thanh, respectivement secrétaire local du Comité du Parti et chef de la police d’Ho Chin Minh ville, Pham Chi Dung dénonce le harcèlement continuel dont il fait l’objet depuis des mois et la privation de sa liberté de mouvement. Président de l’association des journalistes indépendants du Vietnam (IAJVN) fondée l’’année dernière et soutenue par RSF, Pham Chi Dung promeut la liberté de l'information et dénonce régulièrement le contrôle du Parti sur la presse, dans laquelle il a travaillé. En 2014, les autorités avaient empêché le journaliste de quitter le pays pour se rendre à Genève et participé à une conférence au Conseil des droits de l’homme, en lui confisquant son passeport. Lettre en vietnamien : “Le comportement des autorités qui m’empêchent, en toute illégalité, de voyager, constitue une preuve vivante du piétinement par l’État vietnamien des droits de l’homme défendu par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies”, déclare Pham Chi Dung dans la lettre. “Nous demandons à la police vietnamienne de mettre fin sans délai à ces manœuvres d’intimidations ciblées totalement illégales, déclare Benjamin Ismail, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Nous demandons également à la communauté internationale de condamner la politique des autorités et de faire peser des sanctions économiques individuelles à l’encontre des responsables de cette répression au sein du Parti communiste.” Quelques jours avant les commémorations du 30 avril, le blogueur Trinh Anh Tuan, connu sous le pseudonyme de Gio Lang Thang, a été roué de coups par trois individus habillés en civil mais identifiés par le blogueur comme étant des policiers. Trin Anh Tuan, qui a été hospitalisé à la suite de cette agression, a affirmé qu’ils faisaient partie du groupe d’individus postés depuis des mois à l’exterieur de son domicile. En novembre dernier, le blogueur Pham Minh Hoang a également été brutalisé par des policiers en civil surveillant son domicile. Alerté par le blogueur, le consul de France, venu se rendre compte de la situation avait également été agressé par les mêmes individus. La situation de la liberté de l’information au Vietnam continue de se dégrader en 2015. Le pays figure au 175ème rang sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse publié le 12 février dernier.