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25 août 2016 - Mis à jour le 29 août 2016

Pérou : une journaliste menacée de mort à la suite de la révélation d’un scandale policier

La journaliste Doris Aguirre, du quotidien La República, a été menacée après avoir révélé l’existence d’un ‘escadron de la mort’ au sein de la police nationale péruvienne. Reporters sans frontières (RSF) exhorte les autorités à identifier et arrêter les auteurs de ces menaces, et à garantir la sécurité des journalistes du pays.

Doris Aguirre, journaliste d’investigation renommée du journal La República, l’un des principaux quotidiens du Pérou, a signalé avoir reçu des menaces dans le sillage d’une série de cinq reportages, publiés en juillet 2016, révélant la possible participation d'officiels de la Police nationale du Pérou (PNP) dans un ‘escadron de la mort’ responsable de l’exécution extra-judiciaire d’au moins 27 personnes.


Cette affaire et ces révélations ont eu un grand retentissement dans le pays, si bien que la justice péruvienne a ouvert une enquête et que le gouvernement a reconnu, le 22 août, l’existence d’indices solides confirmant l’implication de plusieurs policiers dans ces opérations meurtrières.


Le 12 août 2016, Doris Aguirre recevait des appels anonymes sur son téléphone portable, l’insultant et la menaçant d’être la prochaine victime sur la liste.


“Les autorités du Pérou doivent impérativement identifier l’origine de ces menaces et traduire leurs auteurs en justice, déclare Emmanuel Colombié, responsable du bureau Amérique Latine pour Reporters sans frontières. La gravité des révélations de La República et les premières conclusions de l’enquête judiciaire qui a suivi justifient un traitement irréprochable de ces menaces contre Doris Aguirre, qui doivent être prises très au sérieux. Les autorités péruviennes ont la responsabilité de protéger les journalistes en danger et de garantir la libre circulation des informations sur le territoire, quelle que soit leur nature.”


Reporters sans frontières apporte tout son soutien à Doris Aguirre, qui a déclaré que ces menaces avaient ‘changé sa vie’.


L’affaire de l’escadron de la mort est très suivie au Pérou. Le gouvernement a reconnu le 22 août 2016 qu’un groupe d'officiers et de sous-officiers de la police nationale avait effectivement réalisé six fausses patrouilles d’intervention pour couvrir l’exécution d’au moins 27 délinquants, entre 2012 et 2015.


Alors que l’enquête se poursuit, l’administration du nouveau président de la République Pedro Pablo Kuczynski, en poste depuis le 28 juillet 2016, s’est dit prête à refondre totalement l’organisation de la Police nationale du Pérou, considérée par beaucoup de péruviens comme très corrompue et inneficace.


Le Pérou se situe à la 84e position sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2016 établi par Reporters sans frontières.