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20 mars 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Pedro Canché toujours détenu dans les geôles de Quintana Roo


Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète de la détention prolongée du journaliste et activiste maya, Pedro Canché, à Felipe Carrillo Puerto, dans l’Etat de Quintana Roo. Bien que la justice ait reconnu des irrégularités dans la procédure, le journaliste n’a toujours pas été libéré. Depuis six mois, le journaliste et défenseur des droits de l’Homme, Pedro Canché est derrière les barreaux. Le 24 février, le juge du sixième district de Quintana Roo (sud-est) a pourtant reconnu le caractère arbitraire de son procès et affirmé que son droit à un procès équitable avait été violé. Malgré cela, Pedro Canché n’a pas été remis en liberté. Décue, María Araceli Andrade Tolama, l’avocate de Pedro Canché a informé RSF qu’elle avait présenté un recours en révision (“recurso en revision”) le 13 mars. D’après elle, il existe une consigne claire : “maintenir Pedro le plus longtemps possible en prison”. “A quoi sert un recours (amparo) si le juge reconnaît les irrégularités qui entâchent l’enquête mais ne protège pas les droits humains de la victime?, s’interroge Claire San Filippo, responsable du bureau Amériques de l’organisation. Reporters sans frontières demande l’abandon immédiat des charges contre Pedro Canché compte tenu du caractère arbitraire de la procédure à son encontre. Nous réclamons que les autorités mexicaines cessent d’utiliser le système judiciaire pour criminaliser les journalistes critiques”. Pedro Canché avait été arrêté pour “sabotage”, le 30 août dernier, à Felipe Carrillo Puerto, dans l’Etat de Quitana Roo. Quelques jours avant, il avait publié des photos des manifestations locales contre la hausse des tarifs de l’eau et diffusé une vidéo dans laquelle il critiquait sévèrement les actions du gouverneur de l'État. Comme souvent, les autorités mexicaines ont commencé par affirmer que Pedro Canché n’était pas journaliste bien que celui-ci exerce la profession depuis le début des années 1990, comme en témoigne la journaliste Lydia Cacho. Elle estime que Pedro Canché “représente un danger comme journaliste et comme activiste autochtone maya pour le gouverneur Roberto Borge”. Depuis août dernier, Article 19, qui défend le journaliste, a dénoncé le harcèlement et les agressions contre le journaliste et sa famille qui seraient orchestrées par le gouverneur du Quintana Roo. Des témoins pointent également du doigt l’implication du président du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) à Quintana Roo et du secrétaire particulier du défenseur public de l’Etat. Tous deux sont connus pour avoir harcelé plusieurs journalistes ou médias critiques de la politique du gouvernement local sur les réseaux sociaux comme Lydia Cacho, le média Luces del Siglo ou le correspondant de Proceso, Sergio Caballero. Le harcèlement de Pedro Canché se poursuit aux mains des autorités pénitentiaires, selon l’organisation. Le Mexique se situe à la 148ème place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, publié en février 2015. (Crédits photo: Facebook de Pedro Canché)