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29 juillet 2008 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Ouverture d'une enquête sur la détention de Dimas Medina


Le tribunal général du Venezuela a annoncé le 28 juillet 2008 l'ouverture d'une enquête sur la détention du journaliste Dimas Medina, du quotidien El Nacional, dans l'État de Barinas. L'enquête portera en même temps sur la confiscation au journaliste d'un rapport de police qui lui avait été transmis par un avocat, Omar Arévalo. Dans un communiqué, le service d'enquêtes a déclaré avoir désigné Cecilia Riera Cristancho, juge spécialiste des droits fondamentaux, pour s'occuper de l'affaire. Elle a déjà prévu d'interviewer Dimas Medina ainsi que le groupe de fonctionnaires mis en cause. Le tribunal a également chargé Edgardo Sánchez, juge de l'État de Barinas, d'enquêter sur la confiscation d'un document public de la police régionale. Dimas Medina a porté plainte pour avoir été détenu abusivement alors qu'il s'apprêtait à prendre un avion le 25 juillet 2008. Il avait en sa possession un document démontrant qu'un neveu du président Hugo Chavez avait été victime d'un vol à son domicile. _______________________________________________________________________________________ 29.07.2008- Des journalistes en possession d'informations compromettantes agressés par des fonctionnaires
Reporters sans frontières s'inquiète de la recrudescence des cas d'agression de journalistes mettant en cause des dépositaires de l'autorité publique. Le 23 juillet 2008, Dayana Fernández et Luis Torres, respectivement journaliste et photographe au quotidien La Verdad, ainsi que leur chauffeur, ont été agressés par des agents municipaux de Maracaibo (Etat deZulia, nord-ouest) alors qu'ils enquêtaient sur la pollution d'une décharge. Le 25 juillet, Dimas Medina, du quotidien El Nacional, a été retenu par la police de l'aéroport de Barinas (Etat de Barinas, nord-ouest) qui lui a confisqué un document officiel concernant un vol dont a été victime un proche du président Hugo Chavez. “Ces affaires ne sont malheureusement pas isolées. La presse pour être libre ne doit être soumise à aucune pression extérieure, et notamment politique. La dénonciation des fraudes et délits, même ceux mettant en cause un gouvernement ou ses représentants, fait partie de ses attributions. Les autorités doivent maintenant veiller à ce que la lumière soit faite sur les circonstances de ces agressions”, a déclaré Reporters sans frontières. Le 23 juillet, Dayana Fernández et son équipe ont été invités par Joemel Robles, secrétaire municipal à l'environnement, à couvrir une “opération importante de transfert des déchets vers l'extérieur de la ville” de Maraicaibo. Ils ont alors été agressés par des agents de la Fondation pour l'assainissement environnemental de la ville (Funsama). Á leur arrivée à la décharge les journalistes ont constaté que des fonctionnaires travaillaient à l'évacuation des déchets pendant que d'autres continuaient à en déverser dans la zone. Des agents de la sécurité ont menacé les journalistes de ne pas les laisser partir avant qu'ils n'aient effacé les clichés qu'ils venaient de prendre. Comme les journalistes refusaient de s'exécuter, prêts de 80 agents municipaux ont encerclé leur véhicule, grimpé sur le toit et crevé ses pneus. Le 25 juillet, Dimas Medina a été retenu par la Police politique du Venezuela (DISIP) alors qu'il s'apprêtait à prendre l'avion pour se rendre de Barinas à Caracas. Le journaliste affirme avoir été placé en détention parce qu'il était en possession d'un rapport de police rendant compte d'un vol d'articles de luxe commis au domicile de Cléber Chávez, neveu du président de la République. Dimas Medina a d'abord été interrogé puis transféré au quartier général de la police régionale de Barinas. Le document qui avait été transmis au journaliste par un avocat contenait une liste des biens volés à Cléber Chavez, parmis lesquels figuraient 10000 dollars américains en espèce, divers joyaux et articles de luxe, ainsi que des devises vénézueliennes. Dimas Medina estime que les autorités ne voulaient pas que soit divulguée publiquement la valeur des objets volés, afin d'empêcher qu'on fasse le lien avec les accusations de corruption qui pèsent sur les autorités de l'Etat de Barinas, gouverné par Hugo de los Reyes Chávez, le père du Président.