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10 février 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Olena Bilozerska récupère une partie de son matériel, la police garde des CD et des DVD


La blogueuse Olena Bilozerska a récupéré une partie de son équipement, qui avait été saisi illégalement lors d’une perquisition à son domicile, le 12 janvier 2011. La journaliste a de nouveau été interrogée le 8 février dernier avant de récupérer son matériel. Sa caméra et son appareil photo ne sont cependant pas en état de fonctionner. L’ordinateur ayant été démonté, il n’est pas encore possible d’affirmer qu’il fonctionne. La police a tout de même conservé 162 CD et DVD contenant des informations. Lors de son interrogatoire, Olena Bilozerska a été questionnée à propos de ses sources d’information. Reporters sans frontières rappelle que les sources des journalistes bénéficient d’une protection, et que la violation du secret des sources est une atteinte grave à la liberté de la presse. L’organisation insiste pour que soit rendu à la journaliste l’intégralité de son matériel, sans lequel elle ne peut exercer son métier. ----------------------------------------------------------------------------------------- Le domicile de la blogueuse Olena Bilozerska perquisitionné pendant plus de six heures
14.01.2011 Reporters sans frontières dénonce “ la perquistion du domicile et la saisie du matériel professionnel de la journaliste et blogueuse Olena Bilozerska (http://bilozerska.livejournal.com / http://bilozerska-eng.livejournal.com/), par la police ukrainienne, le 12 janvier 2011 “ . La blogueuse n’a pas été autorisée a appeler son avocat. Olena Bilozerska avait déjà fait l’objet de deux perquisitions au cours de l’année 2010. (lire l'article). Les parents de la jeune femme ont été interrogés dans la matinée par les forces de police, qui ont ensuite, dans l’après-midi, entendu Olena Bilozerska. Les autorités ont saisi, entre autres, ses appareils photos, ses caméras, ses ordinateurs et son téléphone mobile et ce, en toute illégalité. L’article 17 de la loi ukrainienne sur les médias garantit, en effet, qu’un « journaliste ne (puisse) être arrêté ou détenu pour ses activités professionnelles, ni son matériel confisqué ». Les autorités ont consenti à rendre à Olena Bilozerska son téléphone portable, son imprimante et son scanner, mais sont toujours en possession des ordinateurs, appareils photos et caméras de la journaliste. Selon son avocat, Sydir Kyzin, les autorités n’envisagent pas de rendre ce matériel à la blogueuse. Cette saisie interviendrait dans le cadre d’une enquête sur un incendie criminel perpétré dans les bureaux du Parti des Régions, à Kiev, le 31 décembre 2010. Un lien vers une vidéo Youtube illustrant les faits avait été envoyé à Olena Bolozerska par email. La blogueuse, qui couvre régulièrement les événements qui troublent le pays, avait par la suite publié ce lien sur son blog, tout en condamnant fermement l’affaire. Sur la vidéo, on distingue deux hommes qui semblent lancer des cocktails Molotov contre les fenêtres d'un immeuble. "Reporters sans frontières dénonce le traitement réservé, une nouvelle fois, à Olena Bilozerska, considérée ici comme un suspect, alors qu’en tant que journaliste, elle ne fait qu’informer la population. Nous demandons à la police ukrainienne de respecter la loi et de restituer à Olena Bilozerska son équipement professionnel. Ce genre de pratiques dangereuses représente une menace grave pour la liberté de la presse. Les méthodes employées semblent destinées à intimider les journalistes, les encourager à l’autocensure.". L’Ukraine se trouve à la 131ème place, sur 178 pays, dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, perdant 42 places par rapport à l’année précédente. Depuis l’élection de Viktor Ianoukovitch en février 2010, la liberté d’expression a connu une lente mais certaine détérioration : la censure a signé son retour, tout particulièrement dans le secteur audiovisuel, et de graves conflits d’intérêt menacent le pluralisme de la presse. (voir l'article) Afin de redorer son image à l’international, l’Ukraine a cependant d’adopté, le 13 janvier 2011, une nouvelle législation mettant à l’honneur la transparence : les représentants de l’Etat seront désormais obligés de présenter tout document n’étant pas classé confidentiel sur simple requête d’organisation ou d’association.