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20 septembre 2006 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Ogoulsapar Mouradova est morte sous la torture


Le 14 septembre 2006, Reporters sans frontières annonçait le décès de la journaliste et militante des droits de l'homme. De nouveaux éléments permettent aujourd'hui d'affirmer que sa mort est survenue au moins 4 jours plus tôt, le 10 septembre, et qu'Ogoulsapar Mouradova est décédée à la suite de sévices particulièrement cruels.

Ogoulsapar Mouradova, correspondante de Radio Free Europe / Radio Liberty au Turkménistan, collaboratrice de la société audiovisuelle française « Galaxie-Presse » et militante des droits de l'homme, est morte sous la torture dans la prison de haute sécurité d'Ovodan Depe connue pour la sévérité de son régime de détention.

Son corps a été transféré à la morgue d'Achkhabad dans la nuit du 10 septembre, ce qui situe la date de son décès au moins 4 jours avant l'annonce faite par la police turkmène.

Selon une enquête menée par la radio allemande Deutsche Welle, Ogoulsapar Mouradova portait « des traces au cou caractéristiques d'un étranglement ». Une autopsie a été effectuée le 12 septembre en présence de la police. La source de la Deutsche Welle a confirmé que la journaliste présentait une large plaie à la tête et avait été victime d'hémorragies internes (au foie et au rein gauche). Les coups portés sur le dessus et l'arrière de la tête seraient responsables de sa mort qui est survenue sept à dix jours après avoir subi les tortures. Ces conclusions sont consignées dans une attestation que la police peut avoir modifiée, car elle en a le pouvoir.

Une proche d'Ogoulsapar Mouradova qui avait réussi à échanger des messages avec elle lors de sa détention a déclaré à la Deutsche Welle que la journaliste lui avait confié ne plus pouvoir supporter les mauvais traitements.

“Ces informations renforcent nos craintes quant à l'état de santé d'Annakourban Amanklytchev et de Sapardourdy Khajiev, les coaccusés d'Ogoulsapar Mouradova. Nous redoutons qu'ils ne soient soumis en ce moment même à la torture” s'est inquiétée Reporters sans frontières.

« Nous réclamons leur libération immédiate ainsi que l'ouverture d'une enquête sur l'assassinat d'Ogoulsapar Mouradova » a déclaré l'organisation de défense de la liberté de la presse.