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9 mars 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Obstacle au travail des médias étrangers en Libye; menaces au Yémen et au KRG


LIBYE - Obstacles au travail des médias étrangers Depuis le début de l’insurrection le 16 février dernier, le régime de Mouammar Kadhafi s’efforce de garder le contrôle de l’information sur les combats et exactions commises au quotidien contre la population civile. Coupure d’Internet, brouillage du signal de plusieurs chaînes satellitaires, propagande sur les chaînes nationales, etc. sont autant d’armes utilisées. Depuis quelques temps, le régime manipule les médias étrangers présents dans le pays. Le traitement des correspondants par les autorités diffère radicalement s’ils sont rentrés illégalement sur le territoire, ou s’ils ont été officiellement invités. Les journalistes, actuellement en Libye sans autorisation - entrés principalement via la frontière égypto-libyenne- et qui se trouvent principalement dans les zones contrôlées par les insurgés http://www.lemonde.fr/afrique/infographie/2011/03/08/carte-de-situation-en-lybie_1490269_3212.html#ens_id=1481986), sont considérés par le régime de Kadhafi comme des complices d’Al-Qaïda. Par ailleurs, une centaine de journalistes étrangers ont été invités par les autorités au cours des dernières semaines. Certains indiquent que les officiels ont déployé, tout en le niant ouvertement, un arsenal de mesures visant à les empêcher de faire leur travail librement: menaces verbales et physiques, interdiction de s’écarter des “visites organisées”, violences et interpellations. Tout déplacement non validé au préalable est strictement interdit. Ainsi, plusieurs journalistes ont été interpellés le 8 mars alors qu’ils tentaient de se rendre à Zawiyah (ouest de la capitale) où les forces de Kadhafi menaient une contre-offensive musclée. Une équipe de la BBC aurait été détenue pendant toute une nuit, un reporter du Guardian a été retenu pendant trois heures à un check-point. Les seules images qu’ils pourront finalement filmer seront les groupes de soutien au régime. Les Libyens qui osent parler à ces médias étrangers prennent également des risques. Le régime de Kadhafi utilise le double langage à l’égard des journalistes : s’il les invite parce qu’il a besoin d’eux pour relayer sa propagande, il tient également un discours haineux et méprisant à leur encontre, les accusant de diffuser de fausses informations sur les événements en Libye, n’hésitant pas à les qualifier de “chients errants” (cf discours de Mouammar Kadhafi le 21 février dernier, http://fr.rsf.org/libye-black-out-sur-les-evenements-en-04-03-2011,39680.html). Nombreux sont les journalistes qui commencent à s’interroger sur leur rôle dans cette mascarade médiatique (lire l’article de Peter Beaumont: http://www.guardian.co.uk/world/2011/mar/08/libya-regime-ill-treats-foreign-journalists/print).

YEMEN - Menaces sur des journalistes

Dans une interview à Sihwa Net, le président du Syndicat des journalistes, insiste sur l’inquiétante recrudescence des menaces et des exactions qui visent les journalistes yéménites, notamment ceux qui travaillent pour des médias étrangers. Il demande au ministère de l’Intérieur d’ouvrir une enquête sur les différents cas recensés par le Syndicat. Au check-point de Dar Saad, à l’entrée du gouvernorat d’Aden, les forces de sécurité ont saisi, le 9 mars 2011, 4600 exemplaires du numéro 58 du journal Al-Oula Al-Yaoumiya qui devaient être distribués à Aden et Abyan. Le quotidien avait publié un rapport sur l’échec de la commission présidentielle, présiddée par le ministre Abdul Qader Hilal. Le directeur de la sécurité à Aden, Abdel Qader Qiran, a demandé au journal de corriger les chiffres publiés dans son numéro précédent concernant le nombre de personnes tuées et blessées au cours des manifestations pacifiques organisées la semaine précédente à Aden. Le correspondant de la chaîne qatarie Al-Jazeera, Ahmed Shalafi, a reçu, le 8 mars dans la soirée, des menaces par téléphone (provenant du numéro 734 133 836) le visant lui et sa famille. “Est-ce que tu veux qu’on libère des prisonniers pour te menacer?”. Le message faisait ainsi explicitement référence au reportage que le journaliste avait fait la veille sur les incidents survenus dans la prison de Sanaa, qui auraient fait deux morts. En effet, deux détenus auraient été tués par des gardes qui tentaient de mâter une rébellion dans la prison centrale de Sanaa, utilisant des armes à feu et des gaz lacrymogènes. Le journaliste avait déjà reçu des menaces de la part des forces de sécurité pour sa couverture des manifestations protestations, demandant le départ du Président Ali Abdallah Saleh et le changement de régime. Alors qu’il couvrait le sit-in des personnes chargées du nettoyage de la capitale, le 7 mars dans la matinée, Jamal Nu’man, responsable de l’information pour le bureau de la chaîne Al-Arabiya à Sanaa, a été agressé par un officier qui a tenté de lui confisquer sa caméra.

KURDISTAN IRAKIEN - Menaces sur une radio

Moins d’une semaine après le raid des forces armées contre les locaux de la radio Dang dans la ville de Kalar (le 6 mars dernier, cf: http://fr.rsf.org/maghreb-et-moyen-orient-bilan-des-violations-au-cours-des-07-03-2011,39688.html), et moins de trois semaines après l’attaque contre la chaîne de télévision satellitaire Naliya Radio and Television (NRT) à Suleimanieh (le 20 février) et l’incendie des bureaux de la chaîne de télévision et station de radio de KNN à Erbil (le 17 février, lire : http://fr.rsf.org/irak-entre-menaces-de-mort-et-28-02-2011,39633.html), les employés de la radio Yekgirtu (de l'Union islamique du Kurdistan) à Kalar déclarent avoir reçu des menaces, accusant les autorités d’en être responsables.