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21 novembre 2014 - Mis à jour le 25 janvier 2016

Nouvelle résolution de l’ONU, RSF demande la nomination d’un Conseiller spécial sur la sécurité des journalistes auprès du Secrétaire général


RSF salue l’adoption par consensus d’une nouvelle Résolution sur la sécurité des journalistes par la 3eme Commission de l’Assemblée générale des Nations unies, le 21 novembre 2014. L’organisation demande à la communauté internationale de nommer un Conseiller spécial auprès du Secrétaire général des Nations unies afin d’en assurer la mise en oeuvre effective.

La nouvelle Résolution adoptée ce 21 novembre, proposée par la France, la Grèce, l’Autriche, l’Argentine, le Costa Rica et la Tunisie et co-sponsorisée par plus de 80 Etats, sera définitivement approuvée par l’Assemble générale le mois prochain. Le texte reprend les avancées de la Résolution adoptée l’année dernière en allant plus loin sur plusieurs thèmes, notamment la description des exactions commises à l’encontre des journalistes, la lutte contre l’impunité des crimes contre les journalistes et la surveillance des communications.

“Cette nouvelle résolution est positive. Les textes internationaux se répètent et vont dans le sens, au moins sur le papier, d’un renforcement de la sécurité des journalistes. Cependant le constat reste inchangé : les journalistes sont toujours autant vulnérables et ciblés en raison de leurs activités d’information. Cinquante neuf journalistes ont été tués depuis janvier 2014”, a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

“Les Etats doivent rendre des comptes sur leurs efforts concrets en matière de protection des journalistes et de lutte contre l’impunité. Si les rapports annuels du Secrétaire général des Nations unies et de l’UNESCO sur la sécurité des journalistes permettent d’effectuer un suivi, il faut aller beaucoup plus loin. Nous demandons la nomination d’un Conseiller spécial auprès du Secrétaire général pour contrôler le respect par les Etats de leurs engagements”, a-t-il ajouté.

Dans le sillage de la Résolution adoptée le 18 décembre 2013, le texte réaffirme que la notion de journalisme évolue pour inclure non seulement les journalistes professionnels mais également des (particuliers et un ensemble d’organisations qui recherchent, reçoivent et répandent des informations et idées de toutes sorte en ligne et hors ligne).

Il réaffirme que la protection vaut en temps de guerre comme en temps de paix. Il rappelle la nécessité de ( créer et maintenir, dans la loi comme en pratique) un environnement favorable pour les journalistes et de mener des enquêtes (impartiales, rapides, rigoureuses, indépendantes et efficaces) sur les attaques perpétrées contre les acteurs de l’information.

Le texte précise l’ensemble des exactions constituant une menace à la sécurité des journalistes, en citant non seulement les meurtres, les tortures et disparitions forcées mais également (les arrestations et détentions arbitraires, les expulsions, les actes d’intimidation, de harcèlement et de menaces et toutes autres formes de violence).

Cette nouvelle Résolution renforce en outre les engagements des Etats en faveur de la lutte contre l’impunité. Elle mentionne en effet le panel du Conseil des droits de l’homme de juin 2014 sur la sécurité des journalistes, au cours duquel le manque de volonté politique des Etats avait été dénoncé par les Rapporteurs spéciaux. Elle souligne également que le nombre d’attaques contre les journalistes est en augmentation et que la lutte contre l’impunité est un des plus grands défis de la sécurité des journalistes.

Elle invite les Etats à collaborer avec l’UNESCO, sur des “bases volontaires”, pour le suivi des enquêtes sur les attaques contre les journaliste (paragraphe 8). Elle évoque enfin la mise en place d’une stratégie de lutte contre l’impunité (paragraphe 7) en faisant références aux bonnes pratiques citées dans la Résolution du Conseil des droits de l’homme du 25 septembre 2014.

Tout comme cette dernière Résolution, l’Assemblée générale souligne (la particulière vulnérabilité des journalistes d’être la cible de surveillance illicite ou arbitraire et/ou d’interception des communications en violation de leur droit à la vie privée et de leur liberté d’expression).

Le texte appelle également à la libération de tous les journalistes otages ou victimes de disparitions forcées et précise que non seulement les journalistes mais également leurs familles doivent bénéficier d’une juste réparation, en cas d'agression.

Dans ses recommandations sur le sécurité des journalistes, RSF appelle notamment à la mise en place d’un Conseiller spécial auprès du Secrétaire général des Nations unies à la sécurité des journalistes.

Le 2 novembre 2014, à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes contre les journalistes, RSF a dénoncé dix cas d’impunité symboliques. L’organisation entend ainsi mobiliser le grand public et renforcer les pressions exercées sur les autorités pour traduire en justice les responsables de ces crimes. Sur le site http://fightimpunity.org, l’organisation présente ces cas de crimes demeurés impunis.

Note : Les parties entre crochets ( ) sont une traduction libre par Reporters sans frontières du texte de la résolution, la version officielle française n’étant pas encore disponible