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23 janvier 2016 - Mis à jour le 8 mars 2016

Non Monsieur le président de la République, les journalistes ne sont pas responsables de la crise actuelle en Tunisie


Alors que le couvre feu venait d’être instauré dans tout le pays, le président Beji Caied Essebsi a déclaré que certains journalistes et médias participaient à l’aggravation de la situation de crise dans le pays. Reporters sans frontières (RSF) dénonce ces accusations inquiétantes.

Le 16 janvier, un jeune homme, Ridha Yahyaoui, était électrocuté à Kasserine, ville située au centre-ouest de la Tunisie, après être monté sur un pylône alors qu’il protestait contre son retrait d’une liste d’embauches dans la fonction publique. Une semaine plus tard, la tension continue de monter : les protestations réclamant aux autorités tunisiennes plus de justice sociale se sont propagées dans tout le pays. Dans ce contexte de crise, le président de la République tunisienne, Béji Caïd Essebsi a fustigé, lors d’une allocution prononcée le 22 janvier, le comportement de certains médias tunisiens et étrangers enclins, selon lui, à “amplifier le trouble dans le pays au lieu de participer à le calmer.”

Le ton utilisé par Beji Caied Essebsi pour sermonner les médias, et les accusations portées à leur encontre, sont extrêmement inquiétantes, déplore Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Les journalistes ne sont certainement pas à l’origine des contestations sociales dans le pays aujourd’hui. Invoquer ainsi leur responsabilité, c’est leur faire porter le poids d’une crise politique au moment même où l’exécutif devrait plutôt s’employer à défendre une liberté de la presse fragile dans le pays”.

Pour rappel, la Tunisie figure à la 126ème place du Classement mondial de la liberté de la presse publié en 2015 par RSF.