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27 mars 2018

Niger : RSF condamne la fermeture de la radio-télévision privée Labari

Manifestation contre la loi de finance 2018 à Niamey. Photo AFP
La radio-télévision privée Labari est suspendue depuis le 25 mars pour avoir refusé de livrer à la police la copie de son journal télévisé, qui traitait d’une manifestation organisée le même jour à Niamey. Reporters sans frontières (RSF) demande la réouverture immédiate de la chaîne.


Peu après son journal du soir du 25 mars, la rédaction de la radio-télévision Labari a vu un commissaire de police de Niamey pénétrer dans ses locaux. La chaîne avait diffusé l'interview d'un activiste à propos de la manifestation contre la récente loi de finances organisée le même jour, malgré l’interdiction des autorités. “Il a réclamé la copie de notre journal, explique Razak Idrissa, directeur par intérim de Labari contacté par RSF. Nous avons rétorqué que seul le Conseil supérieur de la communication, l’organe de régulation des médias, en a le droit.” Face aux refus de la chaîne, la police a ordonné sa fermeture immédiate. Depuis, des membres de la Garde nationale sont postés devant les locaux de la télévision pour en bloquer l’accès.


Cet ordre de fermeture est totalement arbitraire, dénonce Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. La police nigérienne doit cesser de s’en prendre aux médias qui couvrent des manifestations et s’en tenir à sa juridiction. Nous demandons aux autorités d’ordonner sans attendre la réouverture de la radio-TV Labari”.


La police a également confisqué le matériel d’une journaliste du quotidien indépendant L’Enquêteur qui couvrait la manifestation. Déjà en janvier 2018, les forces de sécurité avaient saccagé le matériel des journalistes des chaînes privées Ténéré et Labari au cours d’une manifestation lycéenne. De la même manière, lors d’une manifestation étudiante en avril 2017, un journaliste de Canal 3 TV avait été insulté et giflé par un agent alors qu’il cherchait à filmer un étudiant battu par la police.


Le Niger occupe la 51e place au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2017.