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30 août 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Nguyen Van Tinh et Tran Duc Thach libérés, mais 17 blogueurs et 3 journalistes toujours en détention


Reporters sans frontières salue la libération du blogueur Nguyen Van Tinh et du poète Tran Duc Thach, condamnés respectivement à trois ans et demi et trois ans de prison en 2009 pour "propagande contre l'Etat socialiste du Vietnam". A l’occasion du 66ème anniversaire de la proclamation de l'indépendance, le 2 septembre 2011, plus de 10 000 détenus ont été amnistiés par le gouvernement.

Reporters sans frontières demande aux autorités de libérer tous les prisonniers de conscience du pays, et plus particulièrement le blogueur franco-vietnamien Pham Mihn Hoang, condamné à 3 ans de prison le 10 août 2011, après un an de détention provisoire.

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Huit blogueurs écopent de peines allant de deux à six ans de prison
12.10.2009

Reporters sans frontières est révoltée par la condamnation, à de la prison ferme, de huit blogueurs vietnamiens, la semaine dernière. Vu Hung a été condamné à trois ans de prison ferme le 7 octobre, pour "propagande contre le régime communiste" selon l’article 88 du code pénal. Pham Van Troi a été condamné à quatre ans de prison ferme le mercredi 8 octobre 2009 pour la même raison. Les six autres blogueurs, Nguyen Xuan Nghia (écrivain), Nguyen Van Tinh, Nguyen Manh Son, Nguyen Van Tuc, Ngo Quynh et Nguyen Kim Nhan, ont été condamnés respectivement à six ans, trois ans et demi, trois ans et demi aussi, quatre ans, trois ans et deux ans de prison sur le même fondement. Ces condamnations sont toutes assorties de peines de résidence surveillée. Leurs procès ont à peine duré quelques heures.

"Si critiquer le gouvernement et appeler au respect des droits de l’homme est considéré par la justice vietnamienne comme une atteinte à la sécurité nationale et de la propagande calomnieuse, on ne peut que voir dans ces condamnations la violation manifeste et évidente de la liberté d’expression des citoyens vietnamiens. Critiquer une politique et appeler à la démocratie ne menace pas la sécurité nationale du Viêt-Nam. Nous demandons aux autorités vietnamiennes de rejuger ces affaires dans le respect des droits de la défense, allègrement violés lors de ces procès", a déclaré Reporters sans frontières.

Les juges se sont fondés sur l’article 88 du code pénal, qui interdit toute "propagande contre le régime communiste", pour relever des "dénonciations calomnieuses portant atteinte à la sécurité nationale, à l’ordre social, ainsi qu’à la confiance du peuple envers le Parti". Dans leurs textes, les blogueurs avaient appelé à plus de pluralisme politique, de démocratie et de respect des droits de l’homme. Ils avaient également critiqué la politique du gouvernement en rapport avec la Chine dans les archipels des Paracels et Spratly en lui reprochant son manque d’énergie dans la défense du territoire par peur d’offenser Pékin.
Le juge a considéré que la dénonciation de la violation des droits de l’homme et de la démocratie constituait une violation de l’article 88 du code pénal, sous-entendant que les droits de l’homme et la démocratie existeraient bien au Viêt-Nam. C’est ce dont le président Nguyen Minh Triet a voulu convaincre la population vietnamienne et le reste du monde, lors de son allocution à New York le 25 septembre à l’Assemblée générale des Nations unies. Le procès des blogueurs, originellement prévu la veille, avait été repoussé.

Dans une lettre à Hillary Clinton, Loretta Sanchez (représentante du district de Californie au Congrès américain) a écrit : "Je trouve atterrant qu’un pays qui agit en contradiction avec la Déclaration des Nations Unies de manière si flagrante dirige le Conseil de sécurité des Nations unies en octobre." Hillary Clinton a affirmé, après sa rencontre avec son homologue vietnamien Pham Gia Khiem, le 8 octobre, avoir évoqué avec lui le problème des droits de l’homme et plus particulièrement de la liberté d’expression.

Reporters sans frontières rappelle que la République socialiste du Viêt-Nam fait partie des douze ennemis d’Internet et se situe à la 168e place sur 173, dans le classement mondial 2008 de la liberté de la presse établi par l’organisation.

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06.10.2009 - Procès en série et détention au secret

Reporters sans frontières appelle à l'acquittement des écrivains, blogueurs et militants pour la démocratie qui vont être prochainement jugés par plusieurs tribunaux du pays. Après des reports inexpliqués, les audiences risquent de déboucher sur de lourdes peines de prison. Les procès de Vu Hung, le 7 octobre 2009, et de Pham Van Troi, le lendemain, devraient se dérouler sans garanties des droits de la défense. Suivra, à Hai Phong, à une date encore inconnue, la comparution de six militants vietnamiens : l’écrivain Nguyen Xuan Nghia, représentant du mouvement démocrate Bloc 8406, Nguyen Van Tinh, Nguyen Manh Son, Nguyen Van Tuc, Ngo Quynh et Nguyen Kim Nhan qui ont été arrêtés en septembre 2008 pour avoir publié, notamment sur des sites Internet, des critiques sur certaines politiques du gouvernement. Les procès de ces derniers devraient avoir lieu les 8 et 9 octobre. Tous sont poursuivis pour "propagande contre l’Etat socialiste du Viêt-Nam" selon l’article 88 du Code pénal, pour avoir notamment écrit ou protesté contre la Chine. Ils risquent jusqu’à vingt ans de prison.

"Nous exhortons fermement les autorités judiciaires vietnamiennes à annuler les charges retenues contre les accusés et à les libérer aussitôt. Nous rappelons que les blogueurs Pham Doan Trang, Bui Thanh Hieu, Nguyen Ngoc Nhu Quynh ont été libérés après avoir été arrêtés pour les mêmes raisons que Nguyen Xuan Nghia, Nguyen Huu Tinh, Nguyen Manh Son, Nguyen Van Tuc, Ngo Quynh et Nguyen Kim Nhan. La même clémence devrait être accordée à ces derniers car leur arrestation n’était motivée que par la volonté de faire taire les critiques envers les relations du Viêt-Nam avec la Chine", a déclaré Reporters sans frontières.

Plusieurs dizaines de personnes étaient venues soutenir Pham Van Troi lors de son procès, le matin du 24 septembre. La famille était venue de loin. A la dernière minute, le procès a été annulé comme pour les six de Hai Phong.

"Dieu Cay", arrêté en avril 2008, est toujours détenu dans des conditions difficiles. Il avait également protesté en ligne contre la politique chinoise dans les archipels des Paracels et Spratly. "Sa libération est également exigée, pour des raisons humanitaires", a conclu l’organisation.

Par ailleurs, le cyberdissident Nguyen Tien Trung entame demain son quatrième mois de détention à Ho Chi Minh-Ville. Ni sa famille, ni ses avocats n'ont pu le voir depuis le 7 juillet 2009, date de son arrestation pour violation de l’article 88 du code pénal.

Enfin, un rédacteur du site officiel du Parti communiste, Dao Duy Quat, s’est vu infliger une amende de 30 millions de Dong (1 700 dollars) pour avoir posté en ligne, le 4 septembre, un article paru dans un journal chinois relatif à un exercice des troupes de Pékin dans les îles Paracels en mer de Chine méridionale. L’article citait un officier chinois déclarant que le but de la mission était de "défendre la frontière maritime du sud de la mère patrie". L’inspecteur en chef du ministère de l’Information et des Communications, Nguyen Van Hung, a déclaré que Quat avait violé un décret interdisant la publication d’informations non autorisées.

Reporters sans frontières rappelle que la République socialiste du Viêt-Nam fait partie des douze ennemis d’Internet et se situe à la 168e place sur 173, dans le classement mondial 2008 de la liberté de la presse établi par l’organisation.