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9 février 2005 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Nguyen Dan Que et Nguyen Dinh Huy sortis de prison, mais pas libres


Le cyberdissident Nguyen Dan Que et le journaliste Nguyen Dinh Huy, libérés début février, sont surveillés en permanence par la police. Reporters sans frontières demande que les deux hommes, qui ont chacun passé plus de 15 ans en prison, puissent enfin jouir pleinement de leur liberté.
Le cyberdissident Nguyen Dan Que et le journaliste Nguyen Dinh Huy, libérés début février, sont surveillés en permanence par la police. Reporters sans frontières demande que les deux hommes, qui ont chacun passé plus de 15 ans en prison, puissent enfin jouir pleinement de leur liberté. Nguyen Dinh Huy est en résidence surveillée depuis sa libération. Des policiers sont même présents à l'intérieur de son domicile à Hô Chi Minh-ville. Toutes ses conversations téléphoniques sont écoutées. Deux policiers en civil surveillent constamment le domicile de Nguyen Dan Que. Le dissident est sorti de chez lui quelques jours après sa libération. Les autorités ont immédiatement appelé sa femme pour lui demander la raison de ce déplacement, et lui signifier qu'à l'avenir son mari devra les prévenir avant de quitter son domicile. Nguyen Dinh Huy et Nguyen Dan Que ont été libérés le 2 février 2005. -------------------------- 03.02.05 Le cyberdissident Nguyen Dan Que et le journaliste Nguyen Dinh Huy libérés Le docteur Nguyen Dan Que a été libéré, le 2 février 2005, de la prison de Thanh Hoa et a regagné le lendemain son domicile à Hô Chi Minh-ville. Le journaliste Nguyen Dinh Huy, libéré le même jour du camp de Ham Tan, a été raccompagné à Hô Chi Minh-ville par sa famille. Reporters sans frontières se réjouit de ces libérations et espère que Nguyen Dan Que et Nguyen Dinh Huy pourront reprendre une vie normale, sans pression ni surveillance particulière de la part de la police. L'organisation rappelle que trois autres dissidents - Nguyen Vu Binh, Pham Hong Son et Nguyen Khac Toan - sont toujours derrière les barreaux pour avoir simplement critiqué l'action du gouvernement sur Internet. « En moins de huit mois, les autorités vietnamiennes ont libéré quatre des sept cyberdissidents arrêtés, ainsi que le dernier journaliste emprisonné. Pourtant, dans le même temps, elles ont brutalement repris en main une partie de la presse en ligne parce qu'elle se faisait l'écho du mécontentement populaire. On ne peut donc pas encore interpréter ces libérations comme un signe d'assouplissement du régime envers la liberté d'expression », a déclaré Reporters sans frontières. Le docteur Nguyen Dan Que était détenu à la prison n°5 de la province de Thanh Hoa, à environ 200 km au sud de Hanoi. Il avait été arrêté dans la soirée du 17 mars 2003 à son domicile de Hô Chi Minh-Ville. Ardent défenseur de la liberté d'expression, il avait déjà passé plus de 18 ans en prison entre 1980 et 1998. Il avait publié peu avant son incarcération un communiqué dans lequel il dénonçait le manque de liberté de la presse dans son pays. Nguyen Dan Que avait été condamné, le 29 juillet 2004, à 30 mois de prison par un tribunal d'Hô Chi Minh-Ville. Il n'avait pas été autorisé à prendre un avocat. Nguyen Dinh Huy, 73 ans, avait été arrêté, le 17 novembre 1993, après avoir demandé l'autorisation d'organiser une conférence sur la démocratie à Hô Chi Minh-Ville. En avril 1995, il avait été condamné à 15 ans de prison pour avoir tenté "de renverser le gouvernement du peuple". Le journaliste était détenu dans le camp de Ham Tan, à une centaine de kilomètres au nord-est de Hô Chi Minh-Ville. Les cyberdissidents Pham Que Duong et Tran Khue ont été relâchés respectivement les 29 et 30 juillet 2004. Le Chi Quang est quant à lui sorti de prison le 14 juin. Deux cyberdissidents et un journaliste toujours derrière les barreaux Nguyen Khac Toan, homme d'affaires et ancien officier de l'armée, a été arrêté, le 8 janvier 2002, dans un cybercafé de Hanoi. Il a été accusé d'avoir envoyé des informations par courrier électronique à des organisations vietnamiennes de défense des droits de l'homme en exil, jugées « réactionnaires » par le gouvernement. Reconnu coupable d'espionnage, il a été condamné, le 20 décembre 2002, à 12 ans de prison et trois ans de résidence surveillée. Depuis quelques mois, il lui est interdit de quitter sa cellule pour le punir car il aurait tenu des propos "insolents". Nguyen Vu Binh, ancien journaliste d'une publication officielle du Parti communiste vietnamien, Tap Chi Cong San (Les revues communistes), a été arrêté le 25 septembre 2002. Il est notamment accusé d'avoir publié sur Internet des textes à « caractère réactionnaire », notamment un essai intitulé « Réflexion sur les accords frontaliers sino-vietnamiens », dans lequel il critiquait un traité conclu entre la Chine et le Viêt-nam en 1999. Il a été condamné le 31 décembre 2003 à sept ans de prison et trois ans de résidence surveillée. Sa sentence a été confirmée en appel le 5 mai 2004. Pham Hong Son, médecin et responsable d'une firme pharmaceutique, est emprisonné depuis le 27 mars 2002 pour avoir traduit et diffusé sur Internet un article intitulé " Qu'est-ce que la démocratie ? ", extrait des pages du site de l'ambassade des Etats-Unis au Viêt-nam. Auparavant, il avait écrit plusieurs articles favorables à la démocratie et aux droits de l'homme, publiés sur des forums de discussion vietnamiens. Il a été condamné, le 18 juin 2003, à une peine de 13 ans de prison pour « espionnage » et à trois ans de placement en résidence surveillée par la cour populaire de Hanoï. Le 26 août 2003, sa peine a été réduite en appel à cinq ans d'emprisonnement et trois ans de résidence surveillée. Il souffre d'une hernie inguinale. Cette tumeur de la région de l'aine pourrait s'avérer mortelle en l'absence d'une intervention chirurgicale. Or, le cyberdissident ne reçoit aucun traitement et a en outre été transféré, en septembre 2004, dans un centre de détention éloigné de Hanoi, où réside sa famille. Il y a plus de 15 ans, Reporters sans frontières mettait en place le " parrainage " et appelait les médias internationaux à soutenir un journaliste emprisonné. Plus de 200 rédactions dans le monde soutiennent ainsi un confrère en demandant régulièrement sa libération aux autorités concernées et en médiatisant sa situation pour que son cas ne tombe pas dans l'oubli. Nguyen Dinh Huy est parrainé par France Bleu Alsace, La Manche libre, le Club de la presse de Bordeaux, Le Devoir, Charlie Hebdo, Le Matin, RFI, Verbottenswuriren, Maison de la presse de Liège, Fun Radio (Belgique), El País, RTVE, Europa Press, Grupo Arbol