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14 décembre 2006 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Neuvième anniversaire de la disparition d'un journaliste d'investigation en Polynésie française : le comité de soutien dénonce l'immobilisme de la justice


Neuf ans après la disparition de Jean-Pascal Couraud, ancien rédacteur en chef du quotidien Les Nouvelles de Tahiti, l'enquête semble au point mort. Les circonstances de la mort du journaliste n'ont jamais été élucidées. Son comité de soutien dénonce aujourd'hui la lenteur de la justice. “Nous demandons aux autorités judiciaires de ne pas écarter la piste professionnelle", a déclaré Reporters sans frontières.
Neuf ans après la disparition de Jean-Pascal Couraud (dit JPK), ancien rédacteur en chef du quotidien Les Nouvelles de Tahiti, l'enquête semble au point mort. Les circonstances de la mort du journaliste, le 15 décembre 1997, n'ont jamais été élucidées. Son comité de soutien dénonce aujourd'hui la lenteur de la justice. “Nous rejoignons l'appel du comité de soutien et demandons aux autorités judiciaires de Polynésie de ne pas écarter la thèse de l'assassinat de Jean-Pascal Couraud pour ses activités professionnelles. Il faut que tous les témoins qui peuvent contribuer à faire la lumière sur cette affaire soient entendus. La justice doit également tenir la famille du journaliste informée de l'avancée de l'enquête”, a déclaré Reporters sans frontières. Selon les proches du journaliste, plusieurs témoins clés n'ont pas encore été entendus et, début novembre, le juge d'instruction Philippe Stelmach a demandé à être dessaisi du dossier, risquant de retarder à nouveau l'enquête. Le 6 décembre 2006, le comité de soutien JPK a organisé une conférence de presse pour faire le point sur l'affaire et rappeler que la thèse de l'assassinat ne fait plus aucun doute. Pour appuyer sa déclaration, il a rendu publics quatre nouveaux témoignages (disponibles sur www.soutienjpk.com) selon lesquels le journaliste aurait été assassiné par des membres de l'ex-GIP (Groupe d'Intervention de Polynésie, service d'ordre personnel de l'ancien président Gaston Flosse). Jean-Pascal Couraud était un opposant notoire à Gaston Flosse. Il enquêtait sur des affaires politico-financières dont la publication pouvait nuire au Président. Après la disparition du journaliste dans des circonstances mystérieuses, la thèse du suicide a d'abord été retenue. L'enquête a été rouverte en octobre 2004 après le témoignage de Vetea Guilloux, ancien membre du GIP, qui a déclaré avoir assisté à l'assassinat de Jean-Pascal Couraud, perpétré par des membres du service d'ordre de Gaston Flosse. Vetea Guilloux est ensuite revenu sur ses déclarations et a été condamné à douze mois de prison pour dénonciation calomnieuse. Il a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire après être revenu sur ses déclarations. Le procureur général a alors refusé de rouvrir l'enquête sur la disparition du journaliste, estimant qu'il n'était pas possible de vérifier la véracité des propos de l'ancien membre du GIP. En novembre 2004, le frère du journaliste a créé un comité de soutien pour la réouverture de l'enquête. Le 14 décembre, la famille du journaliste a déposé “plainte contre X” avec constitution de partie civile pour « assassinat » et « complicité ».