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20 mai 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Mort d’Anton Hammerl, photographe de renom


Reporters sans frontières a appris avec tristesse la mort du photographe austro-sud-africain, Anton Hammerl, plus de six semaines après sa disparition, le 4 avril 2011. "Le conflit libyen est particulièrement meurtrier pour les photographes. Il est temps que ça cesse. Les reporters ont payé un trop lourd tribut dans cette guerre. Les autorités de Tripoli et celles de Benghazi doivent donner des consignes claires à leurs troupes pour respecter le travail des journalistes", a déclaré Reporters sans frontières. Sa famille a annoncé, dans un communiqué posté sur Facebook le 20 mai, qu’Anton Hammerl avait été tué il y a six semaines par les forces pro-Kadhafi. "Anton a été tué par les forces de Kadhafi dans un lieu extrêmement reculé dans le désert libyen. Selon des témoins oculaires, ses blessures étaient telles qu'il n'aurait pas pu survivre sans recevoir des soins médicaux", indiqué le communiqué. "Nous n'avons pas de mots suffisamment forts pour exprimer l'incroyable traumatisme que traverse la famille Hammerl", ajoute le texte. Reporters sans frontières est profondément choquée par l’annonce de la mort de ce photographe de renom, alors que le gouvernement libyen avait affirmé à plusieurs reprises qu'il était vivant. Le ministère autrichien des Affaires étrangères avait de son côté assuré, le 25 avril dernier, que, d’après “un certain nombre d'échanges" avec les autorités libyennes, le photographe se portait bien et qu’il négociait sa libération avec les autorités de Tripoli (http://fr.rsf.org/arabie-saoudite-de-tripoli-a-manama-les-exactions-02-0...). Suite aux déclarations du porte-parole du gouvernement Moussa Ibrahim, le 17 mai dernier, son nom circulait comme faisant partie des quatre journalistes sur le point d’être libérés, aux côtés de la journaliste américaine Clare Morgana Gillis, du Britannique, James Foley, et du photographe espagnol Manu Brabo. “Il y a eu une confusion" sur l'identité des journalistes, a indiqué mercredi à la presse Moussa Ibrahim, ajoutant qu’Anton Hammerl n'avait "pas été localisé". A leur libération le 18 mai, les trois journalistes ont déclaré que le photographe avait été tué lors d’une attaque par les forces du régime, le 5 avril, à l’issue de laquelle ils avaient été faits prisonniers. James Foley, du GlobalPost, a précisé qu’Anton Hammerl avait été abattu alors que l’équipe de journalistes se trouvait au front du côté des rebelles à la périphérie de la ville pétrolière de Brega. Marié et père de deux enfants, dont un bébé de trois mois, Anton Hammerl, âgé de 41 ans, vivait et travaillait au Royaume-Uni. Toutes nos condoléances vont à la famille d’Anton et à ses proches. Reporters sans frontières demande aux autorités libyennes de s’expliquer sur leurs mensonges répétés depuis le 5 avril dernier (voici le portfolio du photographe en ligne: http://www.shootinglondon.herobo.com/) Anton Hammerl est le cinquième journaliste à trouver la mort en Libye depuis le début du conflit mi-février. Reporters rappelle que deux autres photojournalistes de renom, le Britannique Tim Hetherington travaillant pour Vanity Fair et l’Américain Chris Hondros de Getty images, ont trouvé la mort le 20 avril dernier à Misrata, tués par un tir d’obus de mortier (http://fr.rsf.org/libye-deux-photojournalistes-tues-a-21-04-2011,40072.html). En outre, le cameraman qatari d’Al-Jazeera, Ali Hassan Al Jaber, a été tué le 12 mars dernier dans une embuscade près de Benghazi. Le 19 mars, Mohamed Al-Nabous, le journaliste et blogueur libyen plus connu sous le diminutif Mo, un des fondateurs de la chaîne de télévision en ligne Libya Al-Hurra, a été tué par un sniper à Benghazi. Par ailleurs, l’organisation a été soulagée d’apprendre la libération du journaliste tuniso-canadien de la chaîne de télévision iranienne Al-Alam, Lotfi Ghars, le 18 mai dans la soirée, détenu en Libye depuis près de deux mois.