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30 juin 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Mobilisation pour la liberté d'expression sur Internet


Plusieurs organisations de défense de la liberté d'expression sur le Net ont récemment pris position contre le gouvernement turc et sa politique répressive. Le 28 juin 2010, l’Association des technologies Internet (INETD) a porté plainte contre l’Etat turc, au sujet des restrictions qu’elle estime « illégales » et qui touchent le site de partage de vidéos YouTube.com. L'association a mené la même démarche, le 8 juin dernier, contre les restrictions apportées à plusieurs services proposés par l’entreprise Google, dont Google Maps. L’accès à ces sites est rendu difficile, voire impossible. Cette association avait porté plainte en 2009 contre l’Etat turc auprès de la Commission européenne des droits de l’homme pour le blocage de YouTube, initié en 2008. Le 23 juin 2010, trente organisations ont diffusé une déclaration sur Internet pour dénoncer la politique liberticide menée par les autorités. Ce groupement d'associations , qui comptent entre autres Cyber-Rights.Org.TR (http://privacy.cyber-rights.org.tr/), İNETD (internet teknolojileri derneği http://www.inetd.org.tr/), Bianet (Bağımsız İletişim Ağı - http://bianet.org/) et SansüreSansür (http://sansuresansur.org/) réaffirment leur opposition à la censure et demandent l'abrogation de la loi 5661 relative aux délits commis sur Internet. Reporters sans frontières apporte son soutien à cette initiative. "Les blocages de sites se multiplient et les procès de journalistes en ligne se succèdent. La Turquie est sans aucun doute un des pays qui fait le plus parler de lui actuellement en matière de censure du Web. Notamment en raison de la loi 5651 qui a été utilisée pour fermer des milliers de sites et ternit l'image du pays," a déclaré l'organisation. Les organisations reprochent à la loi de ne pas être en accord avec la Constitution de 1982 et de violer les principes de la Cour européenne des droits de l'homme. Elles réclament une disposition claire qui puisse être utilisée pour poursuivre les contenus pédophiles sans être détournées à des fins politiques. Dans leur déclaration, les associations demandent également la démission d'Osman Nihat Sen, président du département de l'Internet et de la Haute Instance de la télécommunication (TIB), de Tayfun Acarer, président du Conseil des technologies du savoir et de la communication, ainsi que de Binali Yildirim, ministre des Transports, s'ils persistent à ne pas respecter la Constitution. Le 22 juin, Dunja Mijatovic, représentante de l'OSCE pour la liberté des médias (l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) a adressé un rappel à l’ordre très ferme aux autorités turques, en leur demandant de restaurer l'accès à YouTube et aux autres services de Google, et de réformer la loi Internet en accord avec les standards internationaux en termes de liberté d’expression. Le 17 juin, la 1ère chambre du tribunal de police d'Ankara a jugé que la censure de certains services de Google, le 3 juin dernier, était illégale. En parallèle, Adnan Demir et Sebnem Korur Fincanci sont poursuivis pour avoir dénoncé sur Internet l'impunité dans des cas de torture. Leur procès est reporté au 13 octobre prochain.