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15 mars 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Mises en examen de journalistes et responsables de Radio France pour un sketch satirique sur les Corses


Reporters sans frontières s'étonne et s'inquiète des mises en examen de cinq journalistes et responsables de Radio France pour "injure à caractère raciste" et "complicité", suite à des propos tenus sur les Corses dans une émission satirique diffusée en mai 2001 sur France Inter.
Reporters sans frontières s'étonne et s'inquiète des mises en examen de cinq journalistes et responsables de Radio France pour "injure à caractère raciste" et "complicité", suite à des propos tenus sur les Corses dans une émission satirique diffusée en mai 2001 sur France Inter. La liberté de satire et de quolibet est assurée en France. Quels que soient les termes employés lors de l'émission incriminée, il est peu vraisemblable que les auteurs du sketch aient souhaité provoquer haine et violences de caractère "racial" envers les Corses. Le fait que des commentaires de mauvais goût sur "les Corses" provoquent des réactions sensibles, compte tenu de l'actualité politique de la question, n'est pas étonnant. Qu'ils fassent l'objet de sanctions spécifiques serait en revanche difficilement acceptable au regard de la liberté de la presse. Tout ce qui est moralement condamnable ne doit pas l'être pénalement. Selon les informations recueillies par RSF, Jean-Marie Cavada, président de Radio France, Yves Lecoq et Virginie Lemoine, présentateurs de l'émission "Les agités du JT", Christian Rose, le réalisateur et Jacques Chraz, auteur d'une saynette sur les Corses diffusée le 27 mai 2001 sur France Inter, ont été mis en examen pour "injure à caractère raciste" ou "complicité" à l'encontre des Corses, le 27 février 2002, par le juge Jean-Michel Gentil du tribunal de grande instance d'Ajaccio. L'Unione Corsa d'Antibes, une amicale du continent, avait porté plainte après la diffusion de l'émission. Jean-Luc Hees, le directeur de France Inter avait présenté ses excuses à l'antenne.